Quelques réflexions historiques sur la Corée et ses divisions
Par Pierre-Emmanuel ROUX
Maître de conférences à l’Université Paris Cité

Symbole de l’unité du peuple coréen, le mont Baekdu n’en est pas moins associé aux divisions historiques de "la Corée". © Lewis Liu / Shutterstock
Qu’on nous pardonne de commencer par une question étrange, pour ne pas dire impertinente : qu’est-ce que la Corée, historiquement et géographiquement ? Cette interrogation mérite d’être posée pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce qu’il n’existe pas de nos jours un mot en coréen pour dire « Corée ». Les Sud-Coréens ont le leur : Hanguk ; leurs voisins du Nord un autre : Joseon. Les seules solutions alternatives résident dans l’expression « uri nara », c’est-à-dire « notre pays », et le terme « joguk », la patrie. Ensuite, car on part souvent du présupposé que « la Corée » correspondrait nécessairement à la péninsule coréenne ayant comme frontière naturelle et immuable avec la Chine les deux fleuves Yalu et Tumen (ou Amnok et Duman en coréen). Enfin, en raison d’une certaine méconnaissance de l’histoire et de la géographie coréennes qui règne au sein du grand public et dans les médias, parfois même les plus sérieux. Alors, la Corée, une ou plurielle ? Voici quelques pistes de réflexion fondées sur de récents travaux universitaires qui tentent de remettre les pendules à l’heure.
Une géohistoire complexe
Plusieurs embûches se dressent d’emblée lorsque l’on envisage d’écrire l’histoire et la géographie historique de « la Corée ». Les personnes qui vivaient dans la péninsule coréenne il y a un, deux ou trois millénaires avaient-elles conscience d’être des Coréens ? Dangun, le fondateur mythique du premier royaume du Joseon en 2333 avant notre ère, peut-il être considéré comme le premier Coréen ? Ramenées à notre Hexagone, ces questions pourraient devenir : les Gaulois étaient-ils des Français ?
Force est de constater que l’histoire antique de la péninsule coréenne et des régions adjacentes — disons jusqu’au Xe siècle pour suivre la tendance majoritaire des coréanologues — est avant tout celle d’un ensemble de royaumes, de tribus parfois réunies en confédérations ou de micro-États. Partons du début de l’ère commune. L’historiographie coréenne, au moins depuis le XIIe siècle, a traditionnellement mis en avant la coexistence des « Trois royaumes » (Samguk) : le Goguryeo au nord, le Baekje au sud-ouest et le Silla au sud-est. La raison est simple : la Chine avait elle-même connu une période dite des Trois royaumes entre 220 et 280, restée dans les annales, et il était de bon ton de reproduire ce modèle chinois.
La situation politique était pourtant bien plus complexe à l’est de la mer Jaune. À côté des « Trois royaumes » se dressait en effet, dans le sud, un ensemble de tribus coincées entre le Baekje et le Silla, qui s’étaient assemblées en une confédération de Gaya. Il faudrait encore ajouter la présence de plusieurs dizaines d’autres tribus regroupées en trois ensembles, les « Trois Han » (Samhan), qui furent progressivement engloutis par les autres entités susmentionnées. Ces « Trois Han » ont néanmoins survécu dans le nom coréen de l’actuelle Corée du Sud. Le tableau ne s’arrête pas là, puisqu’on trouvait également, dans le nord de la péninsule et bien au-delà, le Goguryeo et plusieurs commanderies chinoises — un phénomène similaire s’observait alors dans l’actuel territoire vietnamien — sans oublier diverses tribus dont certaines s’étaient réunies en un royaume appelé Buyeo.
Inutile d’insister ici sur les dates de ces différentes formations politiques : elles sont largement approximatives en raison de la parcimonie des sources écrites, et celles traditionnellement véhiculées sont souvent contredites par les découvertes archéologiques, notamment pour ce qui touche à la fondation des « Trois royaumes ». Gardons en revanche à l’esprit que ces premiers siècles témoignent d’un enchevêtrement relativement complexe d’États ou de proto-États dans une aire géographique grosso modo équivalente à celle de la moitié de la France d’aujourd’hui. Le Goguryeo et le Buyeo débordaient d’ailleurs largement au nord des fleuves Yalu et Tumen, dans le présent territoire chinois où ont survécu de nombreux vestiges. Les historiens se résolvent donc souvent à parler d’une période des « proto-Trois royaumes » afin de nuancer une vision trop simpliste des quatre premiers siècles de notre ère.
Il fallut ensuite attendre l’an 668 pour que le royaume du Silla achevât la conquête des autres États. Le vainqueur n’occupait cependant que les deux tiers de la péninsule d’aujourd’hui. Quant au tiers restant, celui du nord-est qui mordait très largement sur la Chine et la Sibérie actuelles, il avait vu l’apparition d’un nouveau royaume, celui du Balhae, où la population que l’on pourrait qualifier de coréenne ne formait qu’une minorité des sujets autochtones. Le Silla laissa ensuite la place au royaume du Goryeo (918-1392) qui étendit son territoire vers le nord, pour couvrir environ les trois quarts de la péninsule, le reste étant désormais investi par des populations Jürchen, installées sur les ruines du Balhae [1]. La poussée vers le nord se poursuivit encore à l’époque du Joseon (1392-1897) qui fut le premier royaume à occuper toute la péninsule. Davantage qu’une tentative d’« unification de la Corée », les objectifs du Silla, puis du Goryeo et du Joseon consistaient plutôt à asseoir leur pouvoir, éventuellement à l’élargir, et à repousser les invasions tout en pacifiant les confins sur lesquels nous allons
maintenant nous arrêter.

Le roi Taejo (r. 1392-1398), fondateur du royaume du Joseon, ne se percevait nullement en unificateur de la Corée, mais en instaurateur d’un nouveau régime confucéen. Ce sont d’ailleurs ses successeurs qui pacifièrent les régions de la péninsule au sud du fleuve Tumen. Portrait daté de 1872. Wikimédia Commons
Les frontières de la Corée classique
Un problème connexe à celui de la division concerne les frontières. L’idée de frontières territoriales et juridiques telles que nous les concevons aujourd’hui est relativement récente, puisqu’elle découle essentiellement d’un droit international, de fabrique européenne et nord-américaine, qui ne fut pas introduit en Asie orientale avant le XIXe siècle. La prudence s’impose donc à la lecture des cartes proposées dans les ouvrages d’histoire (et dans notre article !), où la tentation est grande de plaquer sur le passé lointain des réalités du monde présent. Cela étant, il ne faudrait pas non plus conclure à l’absence pure et simple de la notion de « frontière » en Corée avant son entrée dans la famille des nations.
Les frontières en Asie de l’Est, de l’Antiquité à l’époque prémoderne, correspondaient à des confins mal délimités et, par voie de conséquence, à des zones frontières mouvantes. Quelques rares tentatives pour les matérialiser peuvent néanmoins être notées dans le cas coréen, même si la dimension défensive primait de loin sur l’aspect territorial. Un premier effort en ce sens eut lieu au cours des années 630, dans un contexte où les relations tendues entre le Goguryeo et l’empire chinois des Tang laissaient poindre le risque d’une guerre (qui ne tarda pas à éclater). Une éphémère « grande muraille de mille lis » (cheolli jangseong) fut alors élevée, mais l’effondrement du Goguryeo trois décennies plus tard ne permit pas son maintien. Une seconde muraille du même nom fut ensuite érigée au XIe siècle, au nord du territoire du Goryeo, depuis la mer Jaune jusqu’à la mer de l’Est. Elle tirait son appellation de la grande muraille de Chine (en chinois, « grande muraille de dix mille lis ») et son efficacité fut tout aussi limitée que sa voisine chinoise, puisque ces deux passoires — c’est le mot — ne permirent jamais d’arrêter les invasions de peuples étrangers venus du nord. La muraille du Goryeo, abandonnée à la fin de la dynastie, tomba en ruines et ne fut jamais reconstruite ou réhabilitée.
Les derniers siècles de la Corée classique ne reflètent pas davantage une volonté d’établir des frontières territoriales bien nettes. Au XVe siècle, le Joseon repoussa ses « frontières » septentrionales jusqu’aux fleuves Yalu et Tumen, se retrouvant ainsi face à la Chine des Ming (1368-1644), puis celle mandchoue des Qing (1644-1911). Mais les deux fleuves ne constituèrent jamais une ligne de démarcation pure et simple avant le XXe siècle. La zone frontière sino-coréenne épousait alors la forme d’un no man’s land pouvant s’étendre sur plusieurs dizaines de kilomètres, et dont le Yalu et le Tumen marquaient uniquement la limite méridionale. Et c’est seulement en 1712 que les Qing imposèrent une stèle — je dis bien une seule stèle — au niveau du mont Baekdu, montagne sacrée des Coréens mais aussi des Mandchous, pour délimiter de manière symbolique les deux États.

Une stèle fut érigée en 1712 à l’endroit où Mandchous et Coréens estimèrent l’origine conjointe des fleuves Yalu et Tumen, près du mont Baekdu. Son emplacement fit ensuite l’objet de débats jusqu’au XIXe siècle, et cette pierre ne constitua jamais une démarcation territoriale bien nette jusqu’à sa destruction en 1931.
La photographie de gauche, datant des années 1910, est conservée au Musée de la médecine de l’hôpital Dongsan à Daegu. L’image de droite (© KBS) est une reconstitution numérique de la stèle.
Au-delà de ces quelques considérations, il faut surtout garder en tête que les frontières revêtaient davantage une dimension culturelle que géographique dans l’Asie orientale d’antan. Ces dernières dissociaient les « civilisés » des « barbares », c’est-à-dire les peuples rechignant à suivre le modèle confucéen chinois. C’est ce qui explique en partie pourquoi les dynastes et lettrés-fonctionnaires du Joseon s’employèrent pendant plusieurs siècles à devenir toujours plus confucéens, allant jusqu’à s’ériger en dernier rempart moral de la « Civilisation » lorsque les Mandchous renversèrent la dynastie chinoise des Ming. Cette dichotomie civilisé/barbare se retrouve d’ailleurs à une échelle inférieure, au sein même du royaume du Joseon. Les gens du nord de la péninsule étaient régulièrement discriminés en raison de leur origine géographique qui faisaient d’eux, pensait-on, des êtres moins civilisés, moins confucéens que ceux du sud. S’y superposaient également des luttes de factions, elles-mêmes plus ou moins associées à un lieu ou une région, qui orientèrent la vie politique jusqu’au XIXe siècle.
« La Corée » contemporaine
On peut le regretter mais c’est un fait : la Corée est un territoire aujourd’hui divisé. Son sort fut scellé par les Alliés vainqueurs des forces de l’Axe, avec des zones d’influence américaine et soviétique dès 1945, puis par des incompatibilités menant à la création de deux États en 1948, et enfin par la guerre de Corée (1950-1953). Pourtant, ni le Sud ni le Nord ne reconnaissaient — ce qui reste vrai aujourd’hui — la partition au niveau du 38e parallèle. Les deux États se contentèrent donc d’un armistice à Panmunjeom en 1953, refusant de signer tout traité de paix qui aurait entériné la division. Les Constitutions sud et nord-coréennes confirment également cette vision des choses, puisqu’elles disposent que le territoire de chacun des deux États couvre l’ensemble de la péninsule coréenne.
Les Coréens se présentent donc, non sans raison, comme des victimes de la guerre froide. Ceci est d’autant plus notable que la division du territoire coréen fut décidée par les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, alors même que la Corée, colonie japonaise de 1910 à 1945, ne constituait pas un belligérant et un perdant en soi. Le discours victimaire s’avère en revanche un peu moins convainquant lorsqu’il affirme que la Corée serait le dernier pays divisé à travers le monde. Plusieurs exemples de divisions subsistent en effet de nos jours sous des formes variées et, de ce fait, plus ou moins divergentes de la situation péninsulaire. Il suffit de regarder le grand voisin chinois, avec une République populaire de Chine, sur le continent, et une République de Chine, sur l’île de Taiwan. La première ne cesse de revendiquer sa souveraineté sur la seconde en qui elle ne voit qu’une « province », tandis que le gouvernement taiwanais prône fièrement son indépendance. Plus proche de chez nous se trouvent les cas du Soudan, de Chypre ou encore de l’Irlande, mais la place nous manque ici pour examiner les volontés (ou non) des uns et des autres en vue d’une hypothétique réunification.
Revenons plutôt au cas coréen. On pourrait dire que la péninsule n’est pas seulement divisée en deux, mais en trois comme le suggère finement Patrick Maurus dans son dernier ouvrage. Cette « troisième Corée » correspond à la préfecture autonome des Coréens de Yanbian (Yeonbyeon en coréen), un territoire d’environ 30 000 km2 sur le sol chinois, en bordure du fleuve Tumen. Cette présence coréenne, évaluée à environ 730 000 personnes en 2021, n’est pas un lointain héritage de l’antique période des Trois royaumes mais le résultat de flux migratoires majoritairement spontanés, entre les années 1860 et la période de colonisation japonaise, depuis la péninsule. Au cours des dernières décennies, essentiellement à compter des années 1990, ces Coréens ont progressivement quitté ladite préfecture pour se disséminer tout au long de la frontière sino-coréenne, mais également dans le nord de la Chine et jusqu’en Corée du Sud où le pouvoir d’attraction économique se conjugue à l’opportunité de redécouvrir une partie de leur terre d’origine. On peut dire de ces Coréens de Chine qu’ils sont aujourd’hui détenteurs d’une histoire, mais pas d’une géographie.
Une autre idée reçue nous renvoie encore une fois au problème de la frontière, et en particulier à celle du 38e parallèle qui constitue tout le contraire d’une ligne figée, comme le rappelle Valérie Gelézeau. D’une part, il ne s’agit pas d’une simple frontière territoriale séparant deux États, mais d’une « zone démilitarisée » — la fameuse DMZ, pour « Demilitarized Zone » — de quatre kilomètres autour d’une ligne de cessez-le-feu stabilisée en 1953. Cette zone démilitarisée, de fait mal nommée, est devenue la zone la plus militarisée au monde et a entraîné autour d’elle la création de plusieurs autres zones visant à contrôler l’accès des civils, notamment via un laissez-passer. D’autre part, cette frontière doit se comprendre comme un front mouvant, à rebours de ce que l’on pourrait imaginer. Ce front fut tout d’abord marqué par la violence de la guerre jusqu’en 1953, puis évolua de manière moins perceptible. Les zones de contrôle des civils, en particulier au Sud, ont été réduites dans les années 1980 en vue de faciliter la vie des habitants « riverains » de la frontière. Par ailleurs, les lignes de la frontière maritime ont bougé jusque dans les années 1990, tout en laissant quelques îles sud-coréennes dans des eaux territoriales plus ou moins déterminées. C’est cette situation qui contribue en partie à expliquer les tensions récurrentes en mer Jaune, avec échauffourées et tirs de missiles.

À Panmunjeom, la ligne de démarcation militaire traversant les baraquements onusiens permet aux touristes de mettre un pied au Sud et l’autre au Nord, conférant l’illusion d’une simple frontière. © Pascal Vosicki / Shutterstock
La frontière, loin d’être un simple front, peut également être envisagée sous le double angle identitaire et linguistique. La langue et l’écriture vernaculaires sont par exemple deux éléments permettant de forger l’idée d’un « monde coréen » s’étendant à toute la péninsule et au-delà, avec une diaspora d’environ six millions de personnes essentiellement réparties entre la Chine, l’Amérique, le Japon, la Russie et les républiques postsoviétiques, puis secondairement en Europe. L’alphabet coréen, créé par le roi Sejong en 1443 et resté d’un emploi finalement restreint jusqu’au XIXe siècle, est ainsi devenu un véritable marqueur identitaire pour les Coréens d’aujourd’hui, quelle que soit la nationalité indiquée sur leur passeport. Mais là encore, l’écriture n’est pas strictement uniforme aux quatre coins de ce monde coréen, avec tantôt l’emploi exclusif de l’alphabet coréen, tantôt un saupoudrage plus ou moins consistant de caractères chinois. Le vocabulaire et le parler diffèrent également ici et là. Langue et écriture s’invitent donc comme des éléments aussi fédérateurs que diviseurs, tout en reflétant une richesse linguistique qui s’exprime dans la diversité.
Corée = péninsule ?
Au sortir de cet article, on peut conclure qu’il n’existe pas une géographie naturelle de « la Corée éternelle » correspondant à la péninsule délimitée par les fleuves Yalu et Tumen. En fait, la Corée n’est pas plus (ou moins) éternelle que l’Égypte, la Chine ou n’importe quel autre pays. Le territoire que nous appelons aujourd’hui « Corée » s’est forgé au cours des siècles au gré de concessions et de conquêtes et sur la base de frontières rarement figées. L’identité des Coréens a également été façonnée par les différents États qui se sont succédé depuis au moins deux millénaires au cœur de la péninsule et au-delà. De ce point de vue, il pourrait être plus pertinent dans certains contextes de parler historiquement d’un « monde coréen » que d’une simple « Corée », à l’image d’autres civilisations [2]. De même, il serait judicieux de substituer aux problématiques « divisions » des « interfaces » parfois plus porteuses de sens, ainsi que le suggère V. Gelézeau. Si la coréanité dépasse les frontières actuelles des deux États coréens qu’on aimerait voir réunifiés, il n’en reste pas moins que « la Corée » reste un concept pratique, utilisé par tous, y compris l’auteur de ces lignes. Autorisons-nous donc à en faire usage, mais sans perdre de vue les nuances que ses emplois impliquent.
Les plus curieux pourront prolonger cet exposé trop bref pour le sujet qu’il entendait traiter en consultant notamment, en français, les références suivantes.
De Valérie Gelézeau :
« La frontière coréenne et le « problème » nord-coréen », Critique, n° 848-849, janvier-février 2018, p. 64-74. (en ligne)
« Le mur coréen et les mots pour dire la Corée. De la frontière spatiale à la méta-nation », Raison présente, n° 202, juillet 2017, p. 21-31. (en ligne).
De Patrick Maurus :
« Un, deux, trois Corées », Critique, n° 848-849, janvier-février 2018, p. 75-82. (en ligne)
Les trois Corées, Paris, Hémisphères, 2018.
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Notes
[1] Les Jürchen étaient un ensemble de tribus qui allaient être à l’origine, quelques siècles plus tard, du peuple mandchou sur lequel nous reviendrons plus loin.
[2] À titre d’exemple, l’ouvrage de référence en français sur l’histoire générale de la Chine, composé par Jacques Gernet, s’intitule Le monde chinois.


