Étoiles des toiles : vedettes du cinéma coréen
Par Bastian MEIRESONNE
Ancien directeur artistique du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul

Choi Min-sik dans Old Boy (Park Chan-wook, 2003)
Actuellement au faîte de sa renommée mondiale, la Corée peut se targuer d’un patrimoine cinématographique de plus d’un siècle, où le star-system a toujours revêtu une grande importance. Voici un portrait de quelques-unes de ses vedettes, certaines connues, d’autres tombées dans l’oubli, mais ayant toutes marqué leur époque.
Années 1930-40 – À l’origine
La première vedette du cinéma coréen était certainement le byeonsa. Bruiteur et bonimenteur du temps du muet, il avait pour rôle d’assurer à la fois les effets sonores, le doublage des comédiens et la traduction des intertitres. Les meilleurs rassemblaient les foules autour de leur seul nom et faisaient leur entrée sur scène au son des trompettes et des fanfares. Conseillers sur les tournages, où ils rythmaient les films en vue du meilleur doublage possible, les byeonsa finissent par disparaître avec l’arrivée du cinéma parlant.
La première vraie star coréenne est Na Un-gyu (1902–1937). Ancien résistant, acteur de théâtre d’abord, de cinéma ensuite, il est l’un des fondateurs du cinéma nationaliste coréen avec la réalisation de Arirang en 1926. Œuvre contestataire exprimant le ressentiment profond des Coréens à l’égard de l’occupant japonais, le film touche la fibre patriotique des spectateurs, qui reprennent en pleurs le célèbre chant de résistance éponyme à chaque fin de séance. Na tournera dans 26 films, dont 15 sous sa propre direction, avant de mourir prématurément à l’âge de 34 ans. Malgré le sentiment de « trahison » des spectateurs à le voir s’éprendre d’une japonaise dans le mélodrame The grief of Geumgan (Lee Chang-yong, 1931), il est toujours considéré comme un « symbole » de la résistance coréenne sous occupation nipponne.
En plus d’avoir été le premier grand succès public, Arirang marque le début d’un bref âge d’or du cinéma nationaliste coréen, avant un durcissement des mesures restrictives japonaises. L’une des vedettes féminines qui émergent au cours de cette période particulière est Mun Ye-bong (1917–1999). Révélée dans l’autre grand succès de l’époque, Le Bac sans maître (Lee Gyu-hwan, 1932), elle représentait l’idéal de la femme coréenne, incarnant des filles bienveillantes et des fiancées serviables. Elle apparaîtra dans une douzaine de productions, parmi lesquelles Sweet Dream (Yang Ju-nam, 1936) et The Wayfarer (Lee Gyu-hwan, 1937) avant d’aller faire carrière en Corée du Nord.
À l’inverse de l’image juvénile de Mun, l’actrice Kim Sin-jae (1919 – 2003) était surnommée « la femme éternelle » pour ses incarnations de bonne épouse ou de mère vertueuse. Elle débute dans les productions de son mari Choi In-kyu, parmi lesquels L’Ange sans domicile (1941) et Serment d’amour (1945) avant de faire carrière durant près de 40 ans. Bien que populaires, Mun Ye-bong et Kim Sin-jae étaient pourtant loin de la célébrité des vedettes des décennies à venir.
Années 1950 – Entre tradition et modernité
Les années 1950 figurent le plein essor du cinéma coréen après des décennies d’occupation suivies de la Seconde Guerre Mondiale et de la Guerre de Corée. La production passe de six films en 1953 à 111 en 1959. L’apparition de magazines de cinéma, d’inspiration occidentale, favorise le développement du star-
system en dédiant des pages entières aux derniers acteurs à la mode. La représentation d’une bonne image était fondamentale dans le succès des vedettes de l’époque. Faisant ses débuts dans les années 1930, Kim Seung-ho (1917–1968) n’allait connaître la célébrité qu’en se spécialisant dans les rôles de « bon père de famille » dans des comédies dramatiques telles que Le Jour où elle s’est mariée (Lee Byung-il, 1956), Romance Papa (Shin Sang-ok, 1960) et surtout Le Cocher (Kang Dae-jin, 1961), tout premier film coréen récompensé dans un festival international (à Berlin en 1961). L’acteur tournera 350 films en quinze ans avant de décéder prématurément à l’âge de 51 ans. Il sera « remplacé » quelques années plus tard par l’acteur Song Jae-ho (1937–2020), surnommé à son tour
« Père national » pour ses rôles à répétition de bons pères de famille dans des succès tels que Yeongja’s Heydays (Kim Ho-sun, 1975).
Choi Eun-hee et son époux Shin Sang-ok
Parmi les actrices les plus populaires, Choi Eun-hee (1926-2018) était très appréciée pour ses rôles de femme tiraillée entre tradition et modernité dans les films de son époux Shin Sang-ok, tels que Le Locataire et ma mère (1961), L’Arche de chasteté (1962) ou Le Riz (1963). Devenue tristement célèbre suite à son enlèvement en 1978 par le fils du dictateur Kim Il-sung, elle doit apparaître de force dans des productions nord-coréennes des années 1980 – notamment celles de son mari, enlevé à son tour six mois plus tard. Cet incroyable épisode est relayé dans le passionnant documentaire Les Amants et le Dictateur (Ross Adam, Robert Cannan, 2016). La « rivale » de Choi était l’actrice Kim Ji-mee (née en 1940), surnommée « l’Elizabeth Taylor coréenne » en raison de sa ressemblance avec la diva américaine, mais également pour sa
« tumultueuse » vie personnelle ponctuée de quatre mariages. Révélée par le réalisateur Kim Ki-young dans Twilight Train (1956), elle rencontre la célébrité en jouant dans le film de son (premier) mari, Hong Seong-ki, The Star in my Heart (1958) avant de continuer pendant 40 ans, apparaissant dans plus de 700 films jusqu’à sa retraite en 1990.
Années 1960 – Les débuts du star-system
Le star-system se consolide durant l’âge d’or du cinéma coréen des années 1960, le nom des acteurs s’affichant désormais en grand sur les devantures des cinémas. Les youth films, métrages pour adolescents inspirés des productions américaines, comptent parmi les genres les plus populaires et sacrent le couple de stars (dans la vie comme à l’écran) Shin Seong-il et Um Aeng-ran, devenus de véritables icônes.
Surnommé « le parrain du cinéma coréen », l’équivalent de « Toshiro Mifune au Japon ou Alain Delon en France » selon le réalisateur Park Chan-wook, Shin Seong-il (1937-2018) (litt. : « La nouvelle star n° 1 ») interprète les rebelles en blouson de cuir dans des œuvres culte comme The Barefooted Young, A Burning Youth (Kim Ki-duk, 1964 & 1966) et Dangerous Youth (Jeong Chang-hwa, 1966). Il jouera dans plus de 500 métrages, enchaînant jusqu’à douze tournages par jour et apparaissant dans un nombre record de 65 films en 1967, soit le tiers de la production totale de cette année-là. Un exploit rendu possible par l’absence de prise de son directe à l’époque, qui permettait de tourner sans que l’acteur n’ait à mémoriser ses répliques. Shin a partagé l’affiche avec son épouse Um Aeng-ran (née en 1936) à 58 reprises – dont 27 sur la seule année 1964. Surnommée l’Audrey Hepburn coréenne, elle s’est faite remarquer dans La Servante (Kim Ki-young, 1960) avant d’apparaître dans les populaires Romance Papa (Shin Sang-ok, 1960), Le Cocher (Kang Dae-jin, 1961) et Les Filles du pharmacien Kim (Yu Hyun-mok, 1963). Connue comme « l’étudiante joyeuse » des youth films des années 1960, elle met fin à sa carrière au moment de l’avènement des films d’action dans les années 1970.
C’est également dans les années 1960 que les journalistes coréens inventèrent le terme de « troïka » pour désigner les trois actrices les plus populaires de la décennie. Ces nominations n’ont pas toujours résisté à l’épreuve du temps, comme dans le cas de l’actrice Nam Jeong-im (1945-1992). Enchaînant 200 films en 15 ans, dont 46 sur la seule année 1967, parmi lesquels les classiques de réalisateurs reconnus comme Yu Hyun-mok (Les Clients qui arrivent par le dernier train, 1967) ou Im Kwon-taek (Femme fatale, Jang Hee-bin, 1968), elle est tombée dans l’oubli ; tout comme Moon Hee (née en 1947), impressionnante à ses débuts dans Black Eagle (Lee Man-hee, 1965), mais dont peu de monde se souvient depuis sa fin de carrière en 1971. Des trois actrices de la troïka, seule Yoon Jeong-hee (née en 1944) est encore dans toutes les mémoires. Révélée par son rôle dans Theatre of Youth (Kang Dae-jin, 1967), elle enchaîne près de 300 films en une dizaine d’années, parmi lesquels Village des huîtres (Jung Jin-woo, 1972), sélectionné au Festival de Berlin en 1972, et Liberal Wife ’81 (Park Ho-tae, 1981), le plus grand succès coréen de 1981. S’exilant à Paris en 1994, elle fait un incroyable comeback dans Poetry de Lee Chang-dong, récompensé du prix du scénario du Festival de Cannes en 2010. Atteinte de la maladie d’Alzheimer, elle met un terme à sa carrière la même année.
Années 1970-80 – Du petit au grand écran
L’oubli relatif des actrices composant la troïka lors des deux décennies suivantes est à l’image de la trouble période des années 1970 et 1980. La restructuration de l’industrie cinématographique et la concurrence de la télévision font chuter la production de 209 titres en 1970 à 73 en 1986. L’époque est marquée par l’émergence d’une nouvelle génération d’actrices issues de la télévision, parmi lesquelles Chang Mi-hee (née en 1958). Héroïne de Winter Woman (Kim Ho-sun, 1977), le plus grand succès des années 1970, elle saura habilement gérer sa carrière en alternant les rôles sur le petit et le grand écran jusqu’à sa récente apparition dans La Caméra de Claire (Hong Sang-soo, 2017).
Youn Yuh-jung (née en 1947) est apparue dans les premiers dramas coréens des années 1960 avant de se faire connaître du grand public pour son rôle de femme fatale dans le sulfureux La Femme de feu (Kim Ki-young, 1971), qui lui vaudra un prix d’interprétation au Festival de Sitges en 1972. Après un exil de dix années aux États-Unis, elle reprend sa carrière en 1984 en interprétant des femmes modernes et indépendantes. Après plusieurs collaborations remarquées dans les films du réalisateur Im Sang-soo, comme Une femme coréenne (2003) ou L’Ivresse de l’argent (2012), elle est la toute première artiste coréenne à obtenir un Oscar pour son rôle dans Minari (Lee Isaac Chung, 2020).
Ironiquement, alors que sa production est au plus bas dans les années 1980, le cinéma coréen se fait remarquer à l’international grâce à plusieurs prix d’interprétation féminine glanés dans des festivals internationaux. Si Shin Hye-soo (née en 1965) et Oh Jung-hae (née en 1971) n’ont pas fait de grande carrière après leurs récompenses respectives au Festival de Montréal en 1987 et de Shanghai en 1993 pour leurs rôles respectifs dans Adada (Im Kwon-taek, 1987) et La chanteuse de Pansori (Im Kwon-taek, 1993), il en va autrement pour Kang Soo-yeon (née en 1966). Distinguée pour sa formidable interprétation dans La Mère porteuse au prestigieux Festival de Venise et dans Come, Come, Come Upward (Im Kwon-taek, 1987 & 1989) au Festival de Moscou, elle va consolider sa notoriété en apparaissant dans plusieurs grands succès des années 1990, tels que The Road to Racetrack (Jang Sun-woo, 1991) ou Girls’ Night Out (1998), premier long d’Im Sang-soo. Elle poursuivra sa carrière dans de prestigieux k-dramas de la télévision coréenne au cours des années 2000. Moon So-ri (née en 1974) est l’une de ses héritières directes, en étant la seconde lauréate d’un prix d’interprétation féminine à Venise en 2002 pour son rôle dans Oasis (Lee Chang-dong). Féministe engagée, oscillant constamment entre théâtre, télévision et cinéma, l’actrice s’est fait une réputation pour ses choix audacieux, parmi lesquels Une femme coréenne (Im Sang-soo, 2010), An Ethics Lesson (Park Myeong-rang, 2013) et Mademoiselle (Park Chan-wook, 2016).
Années 1990 – Acteurs de la nation
Auréolée de son prix glané pour Mère Porteuse et de ses succès à répétition, Kang Soo-yeon sera désignée l’une des trois actrices de la troïka des années 1990, aux côtés de Shim Hye-jin (née en 1966) et Choi Jin-sil. La première s’est fait repérer dans une publicité pour Coca-Cola, lui valant le surnom de « Cola-like woman », avant d’apparaître dans des films d’auteur comme La République noire (Park Kwang-su, 1990), White Badge (Jeong Ji-yeong, 1992) ou Green Fish (Lee Chang-dong, 1997). Elle fera une belle carrière dans des séries coréennes par la suite. Choi Jin-sil (1968-2008), quant à elle, est considérée aujourd’hui encore comme l’une des meilleures actrices de tous les temps, justifiant son surnom d’ « Actrice de la Nation ». En moins de vingt ans, elle est apparue dans 140 publicités, 20 dramas et 18 longs-métrages, parmi lesquels How to top my wife (Kang Woo-suk, 1994), Holiday in Seoul (Kim Ui-Seok, 1997) et The Letter (Lee Jung-gook, 1997). Au faîte de sa gloire, elle suscite l’émoi de la nation lorsqu’elle se suicide en 2008.

Gauche : Ahn Sung-ki - droite : Moon So-ri
Les années 1990 virent également la révélation de l’un des plus grands acteurs coréens de tous les temps :
Ahn Sung-ki (né en 1952). Fils de parents producteurs de cinéma, il démarre comme acteur à l’âge de cinq ans en interprétant notamment le petit garçon dans La Servante (Kim Ki-young, 1960). Après avoir interrompu sa carrière en 1967 pour se consacrer à ses études, il réintègre le cinéma en 1977 et apparaît dans bon nombre de films d’auteur, parmi lesquels Mandala (Im Kwon-taek, 1981), Gens de bidonville (Bae Chang-ho, 1982) et Chilsu and Mansu (Park Kwang-su, 1988). Estampillé « acteur intellectuel »,
il ne séduit le grand public coréen que par son rôle dans Two Cops (Kang Woo-suk, 1993), second plus grand succès des années 1990. Surnommé depuis « l’Acteur de la nation » en raison de son apparition dans une très large palette de rôles tout au long d’une carrière forte de 160 films, il reste curieusement méconnu du public international, et notamment français, malgré une rétrospective qui lui fut dédiée au Festival d’Amiens en 1992.
Années 2000 – À la conquête du monde
La seconde moitié des années 1990 marque le renouveau du cinéma coréen. Des blockbusters toujours plus spectaculaires emportent l’adhésion des spectateurs, qui affluent massivement dans les salles. Les films d’art et essai, eux, conquièrent le circuit festivalier international. Choi Min-sik (né en 1962) sera l’une des toutes premières vedettes coréennes à accéder à une reconnaissance mondiale grâce à son rôle dans le cultissime Old Boy (Park Chan-wook, 2003). Acteur de théâtre, il se fait d’abord connaître pour son rôle d’agent nord-coréen dans Nom de code : Shiri (Kang Je-gyu, 1999), blockbuster à l’origine du renouveau du cinéma coréen. Choisissant ses rôles avec soin, il apparaîtra dans plusieurs succès internationaux, parmi lesquels Lady Vengeance (Park Chan-wook, 2005) et J’ai rencontré le Diable (Kim Jee-woon, 2010). En Corée, il est surtout connu pour son rôle-titre dans le plus grand succès de tous les temps, The Admiral : Roaring Currents (Kim Han-min, 2014). Autre acteur de théâtre devenu mondialement célèbre, Song Kang-ho (né en 1967) s’est fait connaître lui suite aux succès publics de JSA – Joint Security Area et Sympathy for Mr. Vengeance (Park Chan-wook, 2000 & 2003). Sa collaboration fructueuse avec le réalisateur Bong Joon-ho dans Memories of murder (2003), The Host (2006), Le Transperceneige (2013) et évidemment Parasite (2019) lui ont valu une reconnaissance mondiale.
À une échelle plus locale, le star-system se retrouve totalement chamboulé dans les années 2000. Industrie désormais régie par une poignée de conglomérats contrôlant également la musique et la télévision, elle façonne les vedettes aussi vite qu’elle les oublie. Preuve en est l’incapacité totale de la presse à désigner l’habituelle troïka décennale, évoquant pêle-mêle, en fonction des années et des sources, Jeon Do-yeon, Shim Eun-ha et Ko So-young ; Son Ye-jin, Im Soo-jung et Lee Na-young ou Moon Geun-young, Kang Hye-jeong et Jun Ji-hyun comme « trios gagnants » de la période 2000-2020…
Parmi cette ribambelle de noms, celui de Jun Ji-hyun (née en 1981) est certainement le plus important. Mieux connue sous le nom international de Gianna Jun, elle crève l’écran dans My Sassy Girl (Kwak Jae-yong, 2001), qui réussit intelligemment à renouveler l’image de l’idéal féminin coréen comme étant celle d’une jeune femme indépendante. Après un détour par Hollywood avec Blood : The Last Vampire (Chris Nahon, 2009) et Snow Flower and the Secret Fan (Wayne Wang, 2011), Jun Ji-hyun parvient à faire évoluer son image à son retour en Corée, jouant les femmes à poigne dans des films d’action tels que The Thieves (Choi Dong-hun, 2012) ou The Agent (Ryoo Seung-wan, 2013). Oscillant entre le petit et le grand écran, elle est actuellement mondialement connue pour son rôle d’Ashin dans la série à succès Kingdom.

Gauche : Jun Ji-hyun - droite : Lee Byung-hun
Années 2010 – Hollywood boulevard
Jun Ji-hyun n’est pas la seule à avoir réussi le difficile passage à Hollywood. Parmi les meilleurs exemples récents, Lee Byung-hun (né en 1970). Vedette de A Bittersweet Life et du Bon, la Brute et le Truand (Kim Jee-woon, 2005 & 2008), il est notamment apparu sous les traits de Storm Shadow dans les deux G.I. Joe (Stephen Sommers, 2009 & Jon M. Chu, 2013), dans Red 2 (Dean Parisot, 2013) et dans Terminator Genesys (Alan Taylor, 2015). Côté femmes, l’ancien mannequin Bae Doona (née en 1979) a su parfaitement gérer sa carrière internationale suite à son rôle d’archère dans The Host (Bong Joon-ho, 2006). On la retrouve ainsi dans les univers japonais de Kore-eda Hirokazu (Air Doll, 2009), américain des Sœurs Wachowski (le film Cloud Atlas, 2012) et français d’Eric Lartigau (#Jesuislà, 2019). Parmi les acteurs plus récents, Don Lee (né en 1971) doit sa réputation mondiale à ses rôles musclés dans Le dernier train pour Busan (Yeon Sang-ho, 2016) et Le Gangster, le Flic et l’Assassin (Lee Won-tae, 2019), dont il tiendra également le rôle-titre dans le prochain remake américain, ainsi que dans la production Marvel, Les éternels (Chloé Zhao, 2021).
Nombreuses sont les stars coréennes investies dans des projets sur les mois à venir. Si leur quête de célébrité est compréhensible, l’accueil que leur réserve Hollywood est plus surprenant étant donné la frilosité habituelle américaine à confier des rôles importants à des Asiatiques. Le récent succès mondial de films coréens comme Le dernier train pour Busan (Yeon Sang-ho, 2016) et Parasite (Bong Joon-ho, 2019) y est évidemment pour beaucoup, mais pas seulement. Suite au phénomène de l’hallyu, la culture coréenne est désormais clairement identifiée partout dans le monde : la k-pop remplit les stades, les k-dramas n’auront jamais été aussi populaires, ni les restaurants coréens aussi nombreux. Les producteurs américains, attentifs aux dernières tendances, misent donc beaucoup sur ce phénomène et confient des rôles aux vedettes à la mode pour attirer les foules. De leur côté, les acteurs coréens n’auront jamais été aussi rompus au star-system et, contrairement aux générations précédentes, maîtrisent parfaitement l’anglais. Le vedettariat coréen a encore de beaux jours devant lui.


