Littérature coréenne

Littérature coréenne






Retrouvez ici les auteurs présentés dans l’exposition « Le Pouvoir de Parler », par ordre périodique, puis alphabétique. Les ouvrages seront présentés en rotation tout au long de l’exposition.

FR : Ouvrage disponible en français
KR : Ouvrage disponible en coréen, mais non disponible en français



Sommaire


- Période Occupation japonaise (1910 - 1945)
- Baek Seok / 백석
- Chae Man-sik / 채만식
- Han Yong-un / 한용운
- Hyun Jin-geon / 현진건
- Jeong Ji-yong / 정지용
- Kang Kyung-ae / 강경애
- Kim So-wol / 김소월
- Kim Yu-jeong / 김유정
- Lee Yuk-sa / 이육사
- Yeom Sang-seop / 염상섭
- Yi Sang / 이상
- Yun Dong-ju / 윤동주


- Période Indépendance et Guerre (1945 - 1950)
- Ahn Su-gil / 안수길
- Hwang Sun-won / 황순원
- Kim Dong-ni / 김동리
- Park Mok-wol / 박목월
- Shim Hun / 심훈
- Yi Tae-jun / 이태준
- Yu Chi-hwan / 유치환


- Période Après-guerre (1950 - 1960)
- Ch’oe Inhun / Choi In-hun / 최인훈
- Kim Chun-su / 김춘수
- Kim Seung-ok / 김승옥
- Kim Su-young / 김수영
- Lee Ho-chul / 이호철
- Park Kyung-ni / 박경리


- Période Industrialisation (1970 - 1990)
- Cheon Sang-byeong / 천상병
- Cho Hae-il / 조해일
- Cho Se-hui / 조세희
- Choi In-ho / 최인호
- Choi Seung-ja / 최승자
- Han Seung-won / 한승원
- Han Su-san / 한수산
- Hwang Ji-u / 황지우
- Hwang Sok-yong / 황석영
- Jo Jung-rae / 조정래
- Kim Chi-ha / 김지하
- Kim Hye-soon / 김혜순
- Kim Won-il / 김원일
- Ko Un / 고은
- Lee Mun-gu / 이문구
- Lee Seong-bok / 이성복
- Lim Chul-woo / 임철우
- Oh Jung-hee / 오정희
- Park Bum-shin / 박범신
- Park Sang-ryung / 박상륭
- Park Wan-seo / 박완서
- Yi Chong-jun / 이청준
- Yi In-seong / 이인성
- Yi Mun-yol / 이문열
- Yun Heung-gil / 윤흥길
- Yun Hu-myong / 윤후명


- Période Fin de la Guerre froide et démocratisation (1990 - 2000)
- Eun Hee-kyung / 은희경
- Gong Ji-young / 공지영
- Kim Hoon / 김훈
- Kim Young-ha / 김영하
- Lee Seung-u / 이승우
- Shin Kyung-sook / 신경숙
- Yang Gui-ja / 양귀자
- Yoon Dae-nyeong / 윤대녕


- Après 2000
- Baek Se-hee / 백세희
- Chang Kang-myoung / 장강명
- Cheon Myeong-kwan / 천명관
- Cheon Seon-ran / 천선란
- Cho Nam-joo / 조남주
- Choi Eun-young / 최은영
- Choi Jin-young / 최진영
- Chung Bora / 정보라
- Chung Se-rang / 정세랑
- Gendry-Kim Keum-suk / 김금숙
- Gu Byeong-mo / 구병모
- Han Kang / 한강
- Huh Su-kyung / 허수경
- Hwang Jung-eun / 황정은
- Jeong You-jeong / 정유정
- Jin Eun-young / 진은영
- Kim Ae-ran / 김애란
- Kim Cho-yeop / 김초엽
- Kim Geum-hee / 김금희
- Kim Hye-jin / 김혜진
- Kim Un-su / 김언수
- Kwon Yeo-sun / 권여선
- Ma Yeong-shin / 마영신
- Moon Chung-hee / 문정희
- Park Kun-woong / 박건웅
- Park Sang-young / 박상영
- Pyun Hye-young / 편혜영
- Seo Mi-ae / 서미애
- Song Sok-ze / 성석제
- Son Bo-mi / 손보미
- Sohn Won-pyung / 손원평
- Yun Ko-eun / 윤고은










Période Occupation japonaise (1910 - 1945)






Baek Seok / 백석
(1912 - 1995)

Baek Seok, poète, s’impose comme l’un des précurseurs du mouvement moderniste coréen, bouleversant les formes et les thèmes de la poésie traditionnelle en offrant une relecture lyrique des coutumes et paysages coréens. Baek Seok débute comme journaliste, en parallèle, il partage ses premiers poèmes, et commence sa carrière littéraire. Son recueil Chevreuil, inspiré par les Variations Goldberg de Bach, est une œuvre pionnière : il y déploie une structure narrative inédite, mêlant dialectes régionaux, mots archaïques et une description s’appuyant sur les cinq sens. Après la Libération en 1945, il s’engage dans la Fédération générale des lettres et des arts avant de choisir l’exil en Corée du Nord, un choix qui entraînera la censure de ses œuvres en Corée du Sud jusqu’en 1987.

Quelques ouvrages :

Le Chevreuil (사슴, 1936) KR
Les poèmes de Baek Sok (백석시집, 1987) KR




Chae Man-sik / 채만식
(1902-1950)

Chae Man-sik est un romancier et un dramaturge coréen, notoire pour son réalisme critique mais également pour sa collaboration controversée avec l’occupant japonais. Il entame doucement sa carrière littéraire en 1924, avant de s’y consacrer pleinement à partir de 1936, à la suite de dix années en tant que rédacteur et journaliste. Avec ironie, il décrit les maux de son époque, tels que la misère de la campagne, l’angoisse des intellectuels et les contradictions de la société dans laquelle il vit. Après la Libération, il remet en question son parcours et produit des auto-critiques de sa carrière. Longtemps mis de côté, son œuvre connaît un regain d’intérêt dans les années 1970, où il est reconnu pour son regard lucide, original, et la pertinence de ses descriptions sociales.

Quelques ouvrages :

Torrent boueux (탁류, 1937) KR
Sous le ciel, la paix (태평천하, 1938) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Mon oncle innocent (치숙, 1938) KR




Han Yong-un / 한용운
(1879 - 1944)

Han Yong-un, connu sous le nom de plume de Manhae, est un moine bouddhiste, poète et militant de l’indépendance coréenne. Son engagement contre l’occupation japonaise - fusionnant la pensée bouddhiste et la quête d’indépendance dans une harmonie inédite et artistique - culmine en 1919, lorsqu’il signe la Déclaration d’Indépendance avec 33 autres représentants nationaux. Sa poésie, oscillant entre nationalisme et amour, explore les thèmes de l’égalité, de la liberté et du han (mélancolie coréenne).

Quelques ouvrages :

La restauration du bouddhisme coréen (조선불교유신론, 1913) KR
Le Silence de Nim (님의 침묵, 1926) KR & FR en accès libre dans l’espace exposition




Hyun Jin-geon / 현진건
(1900 - 1943)

Hyun Jin-geon est un pionnier du réalisme coréen. Il commence sa carrière littéraire avec une nouvelle qui reçut peu de succès, Fleur sacrifiée. Il s’impose progressivement comme une figure majeure du réalisme avec des nouvelles percutantes au début des années 1920. Ses textes, bien que marqués par un détachement intellectuel au regard des classes populaires, et décrits dans une écriture objective et sans artifice, dépeignent les injustices sociales et la misère quotidienne sous l’occupation. Il laisse derrière lui une œuvre variée : plus de 30 nouvelles, 4 romans, 10 traductions et 40 essais.

Quelques ouvrages :

La société qui vous incite à boire (술 권하는 사회, 1921) KR
Un jour de chance (운수좋은 날, 1924) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
La Femme de B. (B사감과 러브레터, 1925) KR




Jeong Ji-yong / 정지용
(1902 - 1950)

Jeong Ji-yong est un pionnier de la poésie moderne coréenne, et reste l’un des poètes préférés du pays du Matin calme. Après des études de littérature anglaise, il publie son premier et unique roman dès l’âge de 18 ans. Après 1926, il se consacre entièrement à la poésie. Il joue un rôle actif dans la société littéraire en enseignant et en conseillant des revues. Après l’indépendance de la Corée, il est accusé de courtiser l’idéologie communiste, ce qui entraîne son emprisonnement. Il est tué par des tirs américains en 1950. Sa poésie, divisée en trois périodes distinctes, explore d’abord la nature, puis la religion chrétienne, et enfin une esthétique dite occidentale. Censuré pendant de nombreuses années en raison de ses supposées idées communistes, il est finalement publié de nouveau en 1988.

Quelques ouvrages :

Fenêtre (유리창, 1933) KR
Recueil de poésie Jeong Ji-yong (정지용 시집, 1935) KR
Le Lac Baengnok (백록담, 1941) KR
Nostalgie (2000) recueil de poèmes de Recueil de poésie Jeong Ji-yong et Le Lac Baengnok, FR




Kang Kyung-ae / 강경애
(1907 - 1943)

Kang Kyung-ae - aussi connue de son nom de plume Kang Gama - est une référence dans l’écriture féministe et prolétarienne sous la période de la colonisation japonaise. Issue d’un milieu modeste, son enfance, marquée par la précarité et les bouleversements familiaux, forge son regard sur les injustices sociales. Exilée en Mandchourie aux côtés de son mari communiste, elle se consacre à l’écriture, explorant dans ses récits la misère des coréens sous l’occupation, les inégalités de genre et la résistance des opprimés. Elle arrête son activité pour se consacrer à son poste de rédactrice pour le journal du Chosun Mandchourie.

Quelques ouvrages :

Le problème humain (인간 문제, 1934) KR & FR en accès libre dans l’espace exposition
Sel (소금, 1934) KR
Le bidonville (지하촌, 1936) KR




Kim So-wol / 김소월
(1902 - 1934)

Kim So-wol est surnommé « le poète des chansons folkloriques » pour son style lyrique et romantique, inspiré des mélodies traditionnelles de l’Arirang. Formé par deux autres grands poètes, Lee Don-hwa et Kim Eok, il publie dès 1920 dans des revues. Son apogée arrive en 1925 avec son recueil emblématique de 126 poèmes, Fleurs d’azalée. Dans ses poèmes, il explore des thématiques humanistes, en capturant la beauté éphémère, mais aussi la douleur des séparations. Il ne prend pas position sur l’occupation japonaise, mais sa poésie renoue avec l’identité culturelle coréenne. Malgré un vif succès littéraire, sa vie privée est marquée par des difficultés financières et un isolement cynique grandissant. Il mettra fin à ses jours au début de sa trentaine.

Quelques ouvrages :

Fleurs d’azalée (진달래꽃, 1922) FR
Poèmes de Kim So-wol (소월시초, 1939) KR
Impossible d’oublier (못 잊어, 1966) KR




Kim Yu-Jeong / 김유정
(1908 - 1937)

Kim Yu-jeong est un auteur coréen spécialiste du réalisme rural et de l’humour populaire. Né dans un village près de Chuncheon, il perd ses parents jeune et oscille entre Séoul et sa campagne natale, où il fondera dans sa vingtaine une école pour les illettrés. Membre du cercle littéraire Guinhoé, il s’impose en 1935 en remportant deux grands concours. Ses nouvelles dépeignent avec tendresse et drôlerie la vie des gens ordinaires sous l’occupation japonaise, mais également leur résilience, en mêlant dialectes, onomatopées et dialogues délicats. Atteint de tuberculose, il meurt à 29 ans, laissant une œuvre brève mais reconnue pour son humanité et son réalisme chaleureux.

Quelques ouvrages :

Printemps, printemps (봄봄, 1935) KR
Une averse (소낙비, 1935) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Les Camélias (동백꽃, 1936) KR




Lee Yuk-sa / Yi Yuk-sa / 이육사
(1904 - 1944)

De son vrai nom Lee Won-rok, Lee Yuk-sa est une figure emblématique des poètes de la résistance coréenne durant l’occupation japonaise. Son nom de plume, Yuk-sa, signifiant « 64 », est le numéro de sa cellule de prison, il symbolise son engagement sans faille et sa détermination. Emprisonné à de multiples reprises pour ses activités anti-japonaises, son œuvre est un appel clair à la résistance et une célébration de l’esprit de la nation. Il prenait soin d’écrire en hangeul à un moment où la langue coréenne était interdite par les occupants japonais, il a également dû développer une écriture symbolique et métaphorique pour contrer la censure. Ses poèmes sont publiés de manière posthume ou dans des revues de l’époque avant d’être rassemblés en recueil après son décès en prison.

Quelques ouvrages :

Raisin blanc (청포도, 1939) KR
Vaste plaine (광야, 1945, recueil posthume) KR
L’apogée (절정, 1946, recueil posthume) KR




Yeom Sang-seop / 염상섭
(1897 - 1963)

Yeom Sang-seop est une sommité de la littérature moderne, pionnier du réalisme et du naturalisme coréen. Il étudie au Japon, où il découvre les mouvements littéraires occidentaux et s’engage rapidement dans la résistance contre le colonialisme japonais, notamment dans le soulèvement du 1er Mars qui lui vaut une incarcération. De retour en Corée, il devient journaliste et défend une littérature nationale, refusant d’écrire en japonais ou de servir la propagande coloniale. Il rejoint par la suite le journal Chosun et y publie sous forme de feuilleton son roman emblématique, Trois Générations. L’ensemble de son œuvre littéraire dépeint avec finesse les bouleversements de la société coréenne sous l’occupation. Son œuvre souligne une critique sociale vive, reflétant les tensions et une sous-jacente « décadence » de son époque.

Quelques ouvrages :

À la veille de l’insurrection (만세전, 1922) KR
Les Trois Générations (삼대, 1931) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Deux faillites (두 파산, 1949) KR




Yi Sang / 이상
(1910-1937)

Le romancier et poète Yi Sang, de son vrai nom Kim Hae-kyung, est un avant-gardiste du modernisme coréen qui est souvent comparé à Rimbaud ou Kafka pour son écriture surréaliste. Après avoir travaillé comme ingénieur en architecture, il décide d’ouvrir un salon de thé, ce qui lui permettra d’échanger avec des personnalités littéraires de l’époque. Arrêté pour suspicion de subversion par les autorités japonaises, il meurt précocement à l’âge de 27 ans. Dans sa carrière littéraire, il explore l’inconscient et le désordre sensoriel. Alors qu’il rejoint le cercle littéraire Guinhoé, il bouscule les conventions avec une prose déroutante, reflétant une quête d’un lointain intérieur et d’une objectivité particulière face à l’absurdité du monde.

Quelques ouvrages :

Perspective à vol de corneille (오감도, 1934) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Les Ailes (날개, 1936) FR
Ecrits de sang (2011, recueil posthume) FR




Yun Dong-ju / 윤동주
(1917 - 1945)

Yun Dong-ju est un poète qui incarne un puissant symbole de résilience pour les Coréens, considéré comme la voix de la résistance face aux colons japonais. Dès son adolescence, il se passionne pour la poésie, malgré l’opposition de son père. Il fuit le foyer familial pour étudier la littérature à l’université Yonhui (Yonsei), où il commence à écrire des poèmes. En 1942, il part étudier la littérature anglaise au Japon. Arrêté en 1943 pour des supposées activités anti-japonaises, Yun Dong-ju meurt en prison deux ans plus tard, à seulement 28 ans. La puissance de sa production poétique réside dans sa capacité à capturer le drame d’une nation privée de son identité et soumise à la domination coloniale, le tout dans un récit personnel et sensible. Sa poésie, à la fois intérieure et universelle, est un message de liberté, célébré comme un véritable héritage national.

Quelques ouvrages :

Ciel, Vent, Étoiles et Poésie (하늘과 바람과 별과 시, 1948) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition








Période Indépendance et Guerre (1945 - 1950)






Ahn Su-gil / 안수길
(1911 - 1977)

Ahn Su-gil est un témoin de la vie quotidienne et des réalités sociales, relatant les vies brisées et les espoirs des oubliés. Alors que sa famille s’exile en Mandchourie pour éviter l’occupation japonaise, il découvre la précarité des réfugiés coréens. Après une scolarité mouvementée et engagée, il commence à écrire. Il dévoile sa plume dans le réalisme social, décrivant avec justesse la vie paysanne, l’exil, la résistance et l’espoir d’un retour au pays, comme le dévoile son œuvre Gando du Nord, une saga familiale. En parallèle, il enseigne et travaille comme journaliste en Mandchourie. Après la Libération, An Su-gil poursuit sa carrière de romancier, explorant dans ses écrits la quête de sens et la déshumanisation croissante de la société industrielle.

Quelques ouvrages :

Recueil de nouvelles d’Ahn Su-gil (안수길 단편집, 1949) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Gando du Nord (북간도, 1959) KR
Passage (통로, 1985) KR




Hwang Sun-won / 황순원
(1915 - 2000)

Hwang Sun-won a marqué son époque par son engagement et sa sensibilité, saisissant l’essence d’une Corée en quête d’identité. Il étudie au Japon dans les années 1930, où il s’immerge dans les cercles littéraires et commence à forger une voix unique, refusant dès ses premiers écrits d’adopter la langue japonaise. Au cours de sa longue carrière littéraire, marquée par les tourments de l’occupation japonaise, la Guerre de Corée et les bouleversements de l’après-Libération, il fait part de ces réalités dans des récits poignants. Son œuvre explore la résilience humaine face à l’adversité. Pour cela, il croise une vision tragique du monde à un espoir profond dans la dignité et la vitalité de l’homme.

Quelques ouvrages :

La Chienne de Moknomi (목넘이 마을의 개, 1948) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
L’Averse (소나기, 1953) KR
Les descendants de Caïn (카인의 후예, 1954) FR




Kim Dong-ni / 김동리
(1913 - 1995)

Kim Dong-ni est un écrivain célèbre du XXe siècle, reconnu pour son romantisme voilé de mysticisme et sa quête spirituelle unique au cœur des racines nationales, au-delà de la « vacuité » des engagements politiques. Issu d’un milieu modeste, et autodidacte, il révèle son talent d’écrivain dès l’adolescence. Dans ses ouvrages, il discute des tensions entre chamanisme, confucianisme, et même christianisme, en traçant des parallèles avec les tensions prévalentes dans la société coréenne. Après la fin de l’occupation japonaise, il fonde l’Association des jeunes écrivains coréens, promouvant une littérature nationale détachée de tout dogme, tout en abordant les traumatismes idéologiques de la Guerre de Corée.

Quelques ouvrages :

Tableau de Sabbat (무녀도, 1936) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Manie de voyage (역마, 1948) KR
La chamane (을화, 1978) FR




Park Mok-wol / 박목월
(1916 - 1978)

Park Mok-wol est un poète naturaliste qui projette dans ses écrits un lyrisme nostalgique, un amour profond pour les cultures régionales, et un optimisme dépassant l’adversité. Il découvre l’art de la poésie dès l’adolescence, il publie alors ses premiers poèmes, destinés aux enfants : simples et bercés de rythmes folkloriques. C’est en 1940 qu’il s’affirme comme poète pour adulte, en partageant une nouvelle sensibilité à la nature et au lyrisme. Après la Libération, il s’investit davantage dans l’édition et la promotion de la poésie. Il devient une figure centrale de la vie littéraire coréenne en devenant président de l’Association des poètes coréens pendant une dizaine d’années. Sa plume évolue suite aux tourments de la Guerre de Corée, intégrant des thèmes plus sombres, comme la douleur, la mort et la monotonie du quotidien, sans jamais perdre cette lueur d’optimisme.

Quelques ouvrages :

Maison Teal (청록집, 1946) KR
Mère (어머니, 1968) KR
Musun (무순, 1976) KR




Shim Hun / 심훈
(1901 - 1936)

Journaliste, romancier, poète, ou encore cinéaste, Shim Hun est un combattant de l’indépendance coréenne par l’art et l’action. Il incarne dès sa jeunesse l’esprit de révolte, en participant notamment au mouvement de rébellion contre l’occupant japonais du 1er Mars. Par la suite emprisonné, il écrit une lettre poignante à sa mère, jurant de libérer la Corée qu’il appelle sa « Grande Mère ». Après un exil en Chine, il revient pour soutenir sa patrie par les mots : il s’approprie les médias pour dénoncer l’absurdité de la société sous domination, et éveiller l’action de la résistance. Censuré à répétition, il persiste malgré tout, publiant en feuilleton ses romans. Son roman L’Arbre toujours vert, primé et devenu symbolique, a inspiré le mouvement Sangrok : des intellectuels quittent les villes pour éduquer les paysans et résister à l’oppression coloniale.

Quelques ouvrages :

Quand vient ce jour (그날이 오면, 1930) KR
L’arbre toujours vert (상록수, 1935, publié dans un recueil de nouvelles en 1949) KR




Yi Tae-jun / 이태준
(1904 - autour de 1970)

Le nouvelliste Yi Tae-jun est surnommé le « Maupassant coréen » pour son modernisme, couplé à une prose élégante. Orphelin dès l’enfance, il grandit dans la précarité et connaît des difficultés scolaires. En 1925, il commence à écrire des récits empreints d’une compassion pour les exclus. Il s’impose progressivement dans les années 1930 comme un auteur majeur du modernisme, fort de récits empreints d’un réalisme social et d’une esthétique unique. Journaliste, enseignant et fondateur de la revue Munjang, il souhaite défendre une littérature dépassant les maximes politiques, en partageant une critique subtile de la société coloniale. Après la Libération, son quotidien change drastiquement : il devient militant de gauche, il rejoint la Corée du Nord, devient correspondant de guerre, puis disparaît dans la pénombre des purges de l’époque.

Quelques ouvrages :

Le Mariage (결혼, 1939) KR
La nuit au clair de lune (달밤, 1940) KR
Pierre de Sagesse (해방 전후, 1947) KR
Les cerisiers du Japon (꽃나무는 심어 놓고, 1933) FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Yu Chi-hwan / 유치환
(1908 - 1967)

Yu Chi-hwan, également connu sous le pseudonyme Cheongma, est un poète moderne dont l’œuvre incarne une quête existentielle entre la mort, la vie, la nature et la résilience de l’esprit. Formé au Japon, puis à l’université Yonhui (Yonsei), il initie sa carrière d’écrivain avec un poème, « Silence », avant de publier un premier recueil en 1939. Son parcours est marqué par plusieurs séjours en Mandchourie et un engagement controversé pendant la période coloniale. Son poème à succès, « Drapeau », symbolise cette quête utopique. Après la Libération, il fonde des cercles littéraires, et s’engage dans l’armée pendant la Guerre de Corée. Considéré comme un « poète de la vie », il symbolise un humanisme combatif, où la beauté du monde répond à l’absurdité de l’existence.

Quelques ouvrages :

Poèmes de Yu Chi-hwan (청마시초, 1939) KR
L’île de Ulleung (울릉도, 1948) KR
La Roche (바위, 1949) KR







Période Après-guerre (1950 - 1960)






Ch’oe Inhun / Choi In-hun / 최인훈
(1936 - 2018)

L’écrivain Ch’oe Inhun est un porteur de la littérature moderne et existentialiste coréenne. Né dans une petite ville de l’actuelle Corée du Nord, sa famille s’exile en Corée du Sud lors de la guerre en 1950. Il ne finit pas ses études, il devient interprète militaire puis professeur à l’Institut des arts de Séoul. Dans ses ouvrages, il dévoile les fractures - dans un discours entre critique social, raisonnement identitaire et réalisme narratif - de l’Histoire contemporaine coréenne : des allégories de la division fratricide coréenne à la Révolution du 19 avril et ses espoirs déçus.

Quelques ouvrages :

La Place (광장, 1960) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Le bruit du rire (웃음소리, 1967) KR




Kim Chun-su / 김춘수
(1922 - 2004)

Kim Chun-su, qualifié de « poète de la perception », est l’un des grands poètes coréens modernistes du XXe siècle. Il étudie la littérature au Japon avant de s’engager dans la résistance contre l’occupation japonaise, ce qui lui coûte un emprisonnement. De retour en Corée, il enseigne et publie ses premiers poèmes. Il commence ainsi une carrière prolifique qui sera divisée en quatre phases périodiques et stylistiques. Partant d’une quête du langage comme révélateur de l’existence, il explorera par la suite l’esthétique des objets et des images, pour ensuite connaître une phase dans le symbolisme et l’abstraction, et enfin une réflexion sur l’art et le nihilisme. Théoricien et professeur, il a aussi été député et a reçu de nombreux prix littéraires.

Quelques ouvrages :

La fleur (꽃, 1954) KR
Prélude au poème pour une fleur (꽃을 위한 서시, 1959) FR
Le chagrin d’amour de Cheoyong (처용단장, 1991) KR




Kim Seung-ok / 김승옥
(1941 - )

L’auteur et scénariste Kim Seung-ok, né au Japon, retourne en Corée après la Libération. Après des études de littérature française et des débuts en tant que dessinateur, il publie à 19 ans sa première nouvelle, et il fonde dans la foulée une revue littéraire, L’Âge de la Prose. Ses récits modernistes - qui reçurent un vif succès - s’emparèrent du questionnement de l’essence de la vitalité humaine au regard de l’apathie, du nihilisme, voire de la désillusion de la jeunesse, après la guerre de Corée et en raison de l’industrialisation brusque de l’époque. Toutefois, il cesse d’écrire définitivement en 1980, suite au mouvement démocratique de Gwangju et sa répression tragique. Il devient par la suite professeur, carrière qu’il arrête après un problème de santé en 2003. Un musée de littérature est érigé de son vivant pour l’ensemble de son œuvre.

Quelques ouvrages :

Voyage à Mujin (무진기행, 1964) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Séoul, hiver 1964 (서울 1964년 겨울, 1965) KR




Kim Su-young / 김수영
(1921 - 1968)

Kim Su-yong est un poète représentatif de l’après-Libération, chantant dans ses vers la liberté comme idéal politique, tout en prônant l’esprit de résistance. De retour à Séoul après l’indépendance de la Corée, il intègre le département d’anglais de l’université Yonsei, sans en sortir diplômé, et travaille comme interprète. Après être enrôlé de force dans l’armée nord-coréenne, il devient prisonnier de guerre. Libéré, il quitte son emploi pour se dévouer à la poésie, à la traduction et à la critique littéraire, tout en élevant des volailles pour subvenir à ses besoins. Ses premières œuvres, inspirées et influencées par le surréalisme, vont muter après la Révolution du 19 avril 1960, avec une exploration novatrice des idéaux libertaires contre le système oppressif et les souffrances sociales.

Quelques ouvrages :

Le jeu de la lune (달나라의 장난, 1959) KR
Le Grand arbre (거대한 뿌리, 1968) KR
Cent poèmes (김수영 전집 1, 1981) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Lee Ho-chul / 이호철
(1932 - 2018)

Lee Ho-chul est un militant dont l’œuvre littéraire, marquée par un réalisme tranchant, décortique les épisodes tragiques de l’Histoire coréenne du XXe siècle et incarne une quête perpétuelle de liberté. L’écrivain a vécu dans sa jeunesse la tragédie de la guerre de Corée. Il a notamment été enrôlé dans l’armée nord-coréenne, où il est envoyé sur le front dans le sud de la péninsule. Par la suite, il fera le choix de traverser seul la frontière entre les deux Corées. Après la guerre, il s’engage contre les dictatures de Park Chung-hee et de Chun Doo-hwan, participant à des mouvements démocratiques. Publiant pour la première fois en 1955, il puise dans son expérience et son militantisme pour mettre en évidence la division nationale et les souffrances qui en découlent. Il analyse également la réussite économique surprenante de son pays, au regard de l’essor de la petite bourgeoisie et des valeurs capitalistes.

Quelques ouvrages :

Panmunjeom (판문점, 1961) KR
Gens du Sud, gens du Nord (남녘사람 북녁사람, 1996) FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Park Kyung-ni / 박경리
(1926 - 2008)

Park Kyung-ni est une romancière renommée pour le caractère épique de ses récits, avec pour signature une littérature explorant l’humanité et un réalisme intrinsèque ponctuant ses descriptions. Elle commence sa carrière en tant qu’enseignante, alors que la Guerre de Corée éclate. Elle se transforme par la suite en banquière, puis journaliste, avant de commencer sa carrière littéraire en 1955 avec des ouvrages dévoilant l’après-guerre, les veuves de guerre, l’aliénation et la dignité humaine, ainsi que la frustration de l’amour romantique. Son oeuvre La terre, diffusée sous format feuilleton sur 20 ans, est reconnue comme un chef d’oeuvre de la littérature coréenne, puisant dans une description acérée des mutations sociales et historiques de la société coréenne du XXe siècle : de la fin du système féodal et des classes sociales, à la colonisation japonaise, l’adoption des cultures occidentales et la modernisation effrénée, ainsi qu’à la vie des gens ordinaires aux préceptes des pouvoirs successifs.

Quelques ouvrages :

Noir, Noir, Blanc, Blanc (흑흑백백, 1956) KR
L’Âge de la méfiance (불신시대, 1957) KR
Le marché et le champs de bataille (시장과 전장, 1964) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
La terre (토지, 1969-1994) KR en accès libre dans l’espace d’exposition









Période Industrialisation (1970 - 1990)






Cheon Sang-byeong / 천상병
(1930 - 1993)

Cheon Sang-byeong est un poète lyrique, jouant avec la simplicité des mots et offrant à son lecteur une vision de la vie à la fois candide, pure et ironique. Né au Japon, il retourne en Corée après la Libération, et c’est à cette période que l’auteur de quinze ans débute l’écriture de poèmes. Quatre ans plus tard, il publie ses premiers poèmes dans des revues. Lors de la Guerre de Corée, il devient interprète pour les troupes américaines, avant de rentrer à l’Université nationale de Séoul, où il crée avec des proches une revue de littérature Sinjakpum. Toutefois, après une incarcération où il subit des tortures, suite à son implication présumée dans l’Affaire de Berlin Est - un scandale impliquant des espions nord-coréens -, le poète s’isole sur lui-même, sombrant dans l’alcool. Il se rétablit progressivement et renoue avec la voie de l’écriture, en partageant dans ses vers ses questionnements métaphysiques et son amour pour l’humanité.

Quelques ouvrages :

Oiseau (새, 1971) KR
Retour au ciel (귀천, 1993) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Cho Hae-il / 조해일
(1941 - )

Cho Hae-il est un romancier posant un regard critique et réaliste sur le monde. Né à Harbin en Mandchourie, sa famille retourne à Séoul, et se retire vers Busan lors de la Guerre de Corée, jusqu’en 1954. Dès le lycée, Cho Hae-il a un intérêt particulier pour l’écriture, intérêt qu’il choisit d’étudier à son entrée à l’université, se spécialisant dans la littérature coréenne. À la fin de son service militaire, il se concentre sur l’écriture, une écriture prolifique qui se concentre sur les faiblesses des individus et des sociétés. Le succès qu’il acquiert dans les années 1970 se tasse dans les années 1980, et il se tourne vers l’enseignement, tout en continuant à écrire régulièrement nouvelles et romans.

Quelques ouvrages :

L’Homme qui meurt chaque jour (매일 죽는 사람, 1970) KR
Wangsipni (왕십리, 1975) KR en accès libre dans l’espace d’exposition




Cho Se-hui /조세희
(1942 - 2022)

Cho Se-hui est un auteur réaliste et critique issu de la « génération hangeul », la première génération entièrement éduquée en langue coréenne après la censure des colons japonais. Diplômé du département d’écriture créative, il fait ses débuts dans le monde de la littérature en 1965. Au travers un style d’écriture limpide, Cho Se-hui dénonce les injustices sociales et la déshumanisation provoquée par l’industrialisation, notamment dans son recueil de nouvelles La petite balle lancée par un nain qui se concentre sur le réaménagement forcé de Séoul dans les années 1970 et les coûts humains qui l’ont accompagné.

Quelques ouvrages :

La petite balle lancée par un nain (난장이가 쏘아올린 작은 공, 1978) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Choi In-ho / 최인호
(1945 - 2013)

Choi In-ho est un enseignant et un écrivain d’une littérature urbaine et réaliste, dressant une satire de la société consumériste, et décryptant les désillusions de la jeunesse dans la Corée des années 1970 et 1980. Il commence à écrire à l’âge de 17 ans, il étudie la littérature anglaise à l’université de Yonsei et publie des nouvelles à partir des années 1970, comme La Chambre de l’autre qui fait de lui l’un des écrivains les plus polémiques de cette époque. Certains de ses ouvrages eurent un très grand succès, traduits, voire adaptés pour des téléfilms.

Quelques ouvrages :

La Chambre de l’autre (타인의 방, 1971) KR
Une nuit bleue et profonde (깊고 푸른 밤, 1982) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Choi Seung-ja / 최승자
(1952 - )

Choi Seung-ja se dévoile comme l’une des personnalités littéraires les plus populaires des années 1980. Après des études en littérature allemande, elle entreprend une carrière dans l’écriture, avec son premier poème L’amour de cette génération. La poétesse féministe se distingue par son audace à expérimenter avec les mots et les émotions, invitant son lecteur à l’introspection. Ses écrits, connus pour leur critiques sociales et leur ton sombre autour du désespoir porté par le sens de la vie, célèbrent pourtant l’amour et la liberté, poussant paradoxalement à dépasser ces sentiments noirs. Son parcours d’écrivaine est par la suite interrompu pendant dix ans, à cause de la maladie. Elle reprend sa carrière en 2010 avec des écrits plus subtiles décrivant la sensation d’ennui.

Quelques ouvrages :

Un amour de cette génération (이 시대의 사랑, 1981) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Un joyeux journal (즐거운 일기, 1984) KR
Maison des souvenirs (기억의 집, 1989) KR




Han Seung-won / 한승원
(1939 - )

Han Seung-won est un écrivain réaliste, qui s’applique à souligner les tourments de l’âme coréenne. Né dans le village côtier, à Jangheung, il s’inspire de ce cadre natal dans ses écrits, avec ses paysages maritimes, ses dialectes locaux, et ses habitants. Diplômé en écriture créative, il débute sa carrière en 1968, année où il remporte le concours littéraire du journal Daehan, avant de fonder l’association d’écrivains Soseol Munhak. Dans ses récits, l’auteur construit un cycle de la violence : les protagonistes sont marqués par des destins tragiques, ils explorent le désir inassouvi, la folie, ou encore une lutte désespérée contre la fatalité. Ses récits sont empreints d’une quête spirituelle et de philosophie, le cadre maritime incarnant à la fois un espace d’oppression et de rédemption. Il est le père de deux autres écrivains de renom : Han Kang et Han Dong-rim.

Quelques ouvrages :

Des montagnes aussi à l’avant (앞산도 첩첩하고, 1977) KR
La fille du feu (불의 딸, 1983) KR
Allons, allons, traversons (아제아제바라아제, 1985) KR en accès libre dans l’espace d’exposition




Han Su-san / 한수산
(1946 - )

Han Su-san est un poète, écrivain salué pour sa prose et la sensibilité de ses écrits sur la société coréenne et ses critiques approfondies, de la vie quotidienne aux traumatismes de la guerre. Diplômé en littérature anglaise, il fait ses débuts de poète en 1967, puis en tant qu’écrivain en 1972. Au plus haut de sa carrière une dizaine d’années plus tard, il est arrêté pour suspicion de conspiration contre le gouvernement. Torturé et humilié, il revient traumatisé de cette expérience et s’exile au Japon pendant 4 ans. Il enseigne par la suite la littérature coréenne.

Quelques ouvrages :

Les Mauvaises Herbes flottantes (부초, 1976) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Matin sans adieu (이별 없는 아침, 1984) KR
Île du cuirassé (군함도, 2016) KR




Hwang Ji-u / 황지우
(1952 - )

Poète moderne et critique d’art, Hwang Ji-u s’est passionné pour l’art de la poésie pendant ses études d’esthétique et de philosophie. Très actif au sein de cercles littéraires, il était également engagé lors de manifestations anti-gouvernement. Après son service militaire, il est exclu de son établissement universitaire, incarcéré puis torturé en raison de ses actes militants. Il gagne un premier concours d’écriture en 1980, le projetant sur la scène littéraire de son époque. À travers ses poèmes, Hwang Ji-u ressasse, tant sublimement que brutalement de ses mots, les tourments, les douleurs et les passions de sa jeunesse, tout en les projetant sur la sensibilité humaine. Fort d’une conscience politique engagée et d’une stylistique unique, le poète transmet ses messages par la vitalité, la satire et le symbolique, tout en concourant à l’imagination du lecteur.

Quelques ouvrages :

Même les oiseaux quittent ce monde (새들도 세상을 뜨는구나, 1983) KR
De l’arbre de l’hiver à l’arbre du printemps (겨울-나무로부터 봄-나무에로, 1985) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Je suis toi (나는 너다, 1987) KR




Hwang Sok-yong / 황석영
(1943 - )

Hwang Sok-yong, écrivain coréen engagé et symbole de résistance, incarne dans son œuvre et dans son parcours un idéalisme inébranlable, mêlant espoir et combat pour la démocratie, tout en rêvant d’une Corée réunifiée. Son style, à la fois poétique et réaliste, en fait l’une des voix coréennes les plus traduites au monde. Hwang Sok-yong grandit entre Pyongyang et Séoul, quand la guerre de Corée éclate. Sa jeunesse est marquée par les conflits et son expérience traumatisante en tant que soldat au Vietnam. Ses romans, comme Jang Gilsan ont un succès des deux côtés de la frontière. Emprisonné pour ses idées, il est gracié en 1998, reprenant sa plume après 10 ans de silence avec la volonté d’incarner un espoir de justice et de paix.

Quelques ouvrages :

Les Terres étrangères (객지, 1971) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Monsieur Han (한씨 연대기, 1972) FR
La Route de Sampo (삼포 가는 길, 1973) FR
L’ombre des armes (무기의 그늘, 1985) FR
Le Vieux Jardin (오래된 정원, 2000) FR




Jo Jung-rae / 조정래
(1943 - )

Jo Jung-rae représente l’« esprit de l’écrivain » coréen, par son dévouement et son engagement éperdu pour la grandeur de la littérature. Dès son plus jeune âge, Jo Jung-rae fut bercé par la passion de son père bouddhiste pour le sijo (poèmes traditionnels coréens) révélant les prémisses de son amour pour la littérature. Puis, il étudie la littérature coréenne à l’université, avant d’enseigner au lycée, consacrant son temps libre à l’écriture. Il fait ses véritables débuts littéraires en 1970, sa carrière passionnée et prolifique a donné naissance à une œuvre monumentale, dans laquelle il partage une approche à la fois épique et réaliste de l’Histoire de Corée. Dans ses romans, dont une trilogie écrite en 20 ans (La chaîne des monts Taebaek, Arirang et Le fleuve Han), Jo Jeong-rae cherche à dévoiler les racines de la division coréenne, au détriment de logiques socio-économiques, tout en parcourant des hypothèses de réunification coréenne. Certains de ses ouvrages sont portés vers des histoires plus rustiques, croisant satire et absurdité de la vie.

Quelques ouvrages :

La chaîne des monts Taebaek (태백산맥, 1983-1989) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Arirang (아리랑, 1994-1995) FR
Le fleuve Han (한강, 2001-2002) KR




Kim Chi-ha / 김지하
(1941 - 2022)

Kim Chi-ha est un poète et dramaturge qui s’est démarqué pour son militantisme et sa résilience contre la dictature, notamment de Park Chung-hee, contre la reprise des relations diplomatiques avec le Japon, et pour un appel nouveau à la justice sociale. Dès ses années universitaires, Kim Chi-ha prend part à des manifestations, comme celles qui ont permis le renversement du Président Rhee en 1960. Il gagne l’attention du monde de la littérature après la publication d’un poème polémique qui lui vaut 8 ans d’emprisonnement sous la loi anti-communiste. Ses œuvres sont censurées. Après avoir dénoncé l’usage de la torture pour obtenir des justificatifs de fausses accusations, il sera de nouveau incarcéré et condamné à mort, avant d’être grâcié sous la pression populaire. Dans ses rédactions, Kim Chi-ha s’est montré très pluriel : de poèmes narratifs, lyriques, mais également des ballades et des pièces de théâtre. Ses thématiques sont aussi variées : de la satire des élites corrompues, aux symbolismes religieux et philosophiques, à l’amour romantique, voire à l’introspection ou une description légère de ses semblables.

Quelques ouvrages :

Les Cinq voleurs (오적, 1970) KR
Recueil de poèmes (김지하 시집, 1993) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Théâtre de la résistance (똥딱기 똥딱, 1991) FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Kim Hye-soon / 김혜순
(1955 - )

Kim Hye-soon est l’une des poètes coréennes contemporaines les plus influentes. Après son doctorat en littérature coréenne, elle commença sa carrière en 1979. Elle publie 14 recueils de poésie. Primées à maintes reprises, elle est notamment la première femme à recevoir le prix Kim Su-young and Midang. Ses œuvres ont été traduites dans 7 langues. Elle donne en parallèle de sa carrière des cours d’écriture créative à l’Institut des arts de Séoul. Figure féministe, elle aborde des thèmes liés au corps, à la mort et l’esprit ou encore à la condition féminine, avec un style expérimental, voire loufoque - ne se restreignant pas à l’esthétique traditionnelle, elle décrit le corps humain sans embellissement. Dans ses récits, elle se veut être la voix portant la colère féminine - de leur identité opprimée au sein des situations quotidiennes - de la famille, de l’amour romantique à la maternité. Au-delà de cela, elle rejette l’oppression et l’injustice, et accepte l’existence humaine dans tous ces états, aussi sombres et tristes peuvent-ils être.

Quelques ouvrages :

L’enfer d’une étoile (어느 별의 지옥, 1988) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Autobiographie de la mort (죽음의 자서전, 2016) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Ordures de tous les pays, unissez-vous (2016) FR




Kim Won-il / 김원일
(1942 - )

Kim Won-il, romancier, est l’une des voix majeures de la « littérature de la division », caractéristique en Corée du Sud. L’auteur, imprégné du traumatisme de la partition, consacre son œuvre à explorer les cicatrices de l’Histoire et les drames humains nés de la Guerre en Corée. Après des études en création littéraire, il débute en 1966 avec des récits empreints de désillusion, reflet d’un passé familial douloureux : la défection de son père en Corée du Nord. Son écriture montre un processus de guérison et une quête de sens face au conflit idéologique qui déchire la péninsule, mais qui le bouleverse aussi de l’intérieur. À partir des années 1980, ses romans dénoncent les conséquences et les failles béantes de la division : familles brisées, dictatures, et luttes imposées par les puissances étrangères. Depuis les années 2000, il décide d’évoquer dans ses écrits la fragilité humaine dans toute ses contradictions, ouvrant ainsi la voie à un espoir qui transcende les démons du passé.

Quelques ouvrages :

Crépuscule (노을, 1978) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Les Cendres de la paix (전쟁과 평화, 1980) KR
La maison dans la cour du bas (마당 깊은 집, 1988) KR en accès libre dans l’espace d’exposition




Ko Un / 고은
(1933 - )

Ko Un est un poète de la résistance et de la spiritualité, incarnant la voix d’une Corée déchirée mais résiliente. Traumatisé par la Guerre de Corée, il se réfugie dans le bouddhisme en tant que moine pendant 10 ans. En 1962, il publie ses premiers recueils poétiques, croisant plusieurs influences religieuses tels que le bouddhisme et le christianisme, dans une recherche d’universalité entre l’Orient à l’Occident. Ko Un s’engage activement dans les années 1970 contre la dictature, dénonçant les injustices et les inégalités sociales. Emprisonné à plusieurs reprises, il survit à une condamnation à mort en 1980, et décide de se consacrer à l’écriture d’une œuvre monumentale, dont les Dix mille vies (1986 - 2010), une épopée poétique rendant hommage à chaque personne croisée dans sa vie. Son écriture, à la fois lyrique et documentaire, explore la nature, la culture coréenne et la mémoire des disparus. Traduit dans une vingtaine de langues, il a enseigné à Harvard et Berkeley, et milité pour la réunification de la Corée. Aujourd’hui mis en cause par le mouvement #Metoo, sa réputation en pâtit et sa lecture devient rare.

Quelques ouvrages :

Dix mille vies (만인보, 1986-2010) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Chuchotements (속삭임, 1998) FR
Sous un poirier sauvage (고은 초기 시선, 2004) FR




Lee Mun-gu / 이문구
(1941 - 2003)

Lee Mun-gu, auteur reconnu pour son style unique et son attachement à la terre, restitue à travers son œuvre un témoignage poignant de la Corée rurale en mutation. Marqué par de nombreux deuils familiaux lors de la Guerre de Corée, il s’attelle à des études d’écriture créative par la suite. Remarqué par l’écrivain Kim Dong-ni, il réussit rapidement à se faire publier. Dans ses écrits, il s’impose comme la voix de la vie rurale, dépeignant avec réalisme et nostalgie le quotidien des paysans, leur lutte ou leur dépit face à l’industrialisation et la disparition des traditions. Sa prose, riche en dialecte local de son lieu de naissance - Chungcheongnam-do - et en récits populaires, critique les effets de la modernisation néfastes sur les communautés agricoles. Engagé politiquement, il participe activement aux mouvements de démocratisation et crée plusieurs associations d’écrivains.

Quelques ouvrages :

Notre village (우리 동네, 1981) KR
Souvenir du village Gwanchon (관촌수필, 1977) KR en accès libre dans l’espace d’exposition




Lee Seong-bok / 이성복
(1952 - )

L’œuvre postmoderniste du poète Lee Seong-bok est saluée pour sa profondeur et sa créativité, invitant à une lecture plurielle, où chaque poème devient un espace de questionnement. Docteur en littérature française de l’Université nationale de Séoul, il enseigne la création littéraire, tout en publiant une poésie riche et audacieuse. Il commence sa carrière en 1977 avec le poème « Dans le bordel familier », illustré par des images opulentes et des transformations inattendues, explorant des thèmes comme la mort, le désir et la condition humaine. Influencé par des auteurs occidentaux tels que Baudelaire, Kafka et Nietzsche, sa poésie déploie un imaginaire à la fois spectaculaire et serein, où chaque détail ouvre sur des interprétations plurielles, à la fois personnelles et collectives. Il dénonce avec ironie la corruption, l’hypocrisie et les travers de la modernité, tout en proposant une vision nouvelle où les opposés se croisent pour transcender la douleur.

Quelques ouvrages :

Des choses qui viennent après la douleur (남해금산, 1986) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Ah, les choses sans bouche (아, 입이 없는 것들, 2003) FR




Lim Chul-woo / 임철우
(1954 - )

Lim Chul-woo, écrivain du réalisme critique, dépeint dans l’ensemble de son œuvre les traumatismes toujours vifs de l’histoire coréenne. Surnommé le « passeur de mémoires », il est reconnu pour son engagement pour la démocratisation et son talent à retranscrire la douleur historique en mots. Diplômé en littérature anglaise et docteur dans le même domaine d’étude, Lim Chul-woo s’impose comme un auteur d’exception dès 1981 avec sa nouvelle Voleur de chien, qui aborde la division et la violence idéologique de la Corée. L’ensemble de son œuvre est profondément influencée par la division coréenne - il devient la plume de l’histoire orale des témoins de cet affrontement fratricide - et le soulèvement de Gwangju en 1980 - qu’il a vécu sur place, explorant la culpabilité des survivants, la répression et les traumatismes laissés. Auteur qualifié de subversif, sa prose, à la fois lyrique et sobre, croise la mémoire collective et l’introspection. Aujourd’hui professeur de création littéraire, Lim Chul-woo a reçu de nombreux prix, dont le prestigieux prix Yi Sang.

Quelques ouvrages :

Terre des ancêtres (아버지의 땅, 1984) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Le phare (등대, 2002) FR




Oh Jung-hee / 오정희
(1947 - )

La romancière Oh Jung-hee s’impose comme une figure féministe et provocatrice de la littérature coréenne, partageant un réalisme psychologique centré sur la vie intérieure des femmes. Déjà au lycée, Oh Jung-hee amorce sa carrière d’écrivaine avec sa première nouvelle La Dame du magasin de jouets, primé par le journal JoongAng. Ses ouvrages des années 1970 et 1980 dépeignent les tensions intrinsèque entre identité féminine et société patriarcale, abordant des thèmes encore tabous comme la prostitution, l’avortement ou la folie maternelle. Puis, influencée par les bouleversements politiques - tel le mouvement de démocratisation de 1980 - son écriture évolue vers des récits plus ancrés dans la vie quotidienne et la protestation contre la corruption et l’injustice. Son style, poétique et subversif, pose les bases d’un féminisme littéraire coréen émergent. Reconnue sur la scène internationale et couronnée de nombreux prix, elle enseigne également son expertise en écriture créative.

Quelques ouvrages :

Le jardin d’enfance (유년의 뜰, 1981) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
L’âme du vent (바람의 넋, 1986) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
L’oiseau (새, 1996) FR
Le quartier chinois (중국인 거리, 2012) FR




Park Bum-shin / 박범신
(1972 - )

Park Bum-shin est un auteur de fictions, dévoué au réalisme sociétal et aux luttes des marginalisés au travers de ses récits. Avec un début de carrière en 1973, gagnant du prestigieux concours du journal JoongAng, il devient professeur de coréen puis d’écriture créative. Il allie enseignement et écriture pendant plus de trois décennies. Ses histoires soulignent avec empathie les rêves brisés et les frustrations des classes populaires face à l’urbanisation rapide et au matérialisme croissant de la Corée. Avec une plume légère et accessible, son œuvre rencontre un franc succès, tout en gardant une ambivalence entre littérature engagée et divertissement. Après une profonde remise en question, il part en quête de sens jusqu’à l’Himalaya, il se recentre par la suite sur son écriture et sur des thèmes plus universels et introspectifs. Il prend sa retraite universitaire en 2011 pour se consacrer pleinement à l’écriture.

Quelques ouvrages :

Le chariot tiré par une vache blanche (흰 소가 끄는 수레, 1996) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Putain de pupitre (더러운 책상, 2003) FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Park Sang-ryung / 박상륭
(1940 - 2010)

Park Sang-ryung est un romancier, connu pour ses ouvrages existentialistes voire métaphysiques, explorant la condition humaine, la transcendance, la mort, la nature, et élargissant les horizons de la littérature coréenne. Formé à l’Institut des arts Sorabol, il publie son premier roman en 1963 avant de partir vivre au Canada pendant près de 30 ans, tout en continuant les publications en coréen. Avec un style expérimental et dense, alternant dialectes régionaux, termes anciens et références savantes, Park Sang-ryung confronte et entrelace les philosophies et spiritualités orientales et occidentales, s’inspirant de Nietzsche, du bouddhisme, ou encore du chamanisme - il a la volonté de transcender les concepts tout en imposant une réflexion novatrice. Il cherche ainsi à dépasser les cycles de souffrance pour atteindre la libération de l’esprit.

Quelques ouvrages :

De morte - Une étude sur la mort (죽음의 한 연구, 1975) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
La paix de l’âme (평심, 1999) KR
Procédés de roman (소설법, 2005) KR




Park Wan-seo / 박완서
(1931 - 2011)

Alors mère au foyer, Park Wan-seo est dévoilée au grand public à l’aube de ses quarante ans avec un premier roman L’Arbre nu. Romancière prolifique et très appréciée, elle compte à son actif une quinzaine de romans et dix recueils de nouvelles. À travers des récits entre fictions et mémoires, elle fait transparaître, dans certains de ses ouvrages, les réalités tragiques de la Guerre de Corée, guerre qui a bouleversé son quotidien - alors qu’elle naquit dans une province nord-coréenne. Dans d’autres récits, elle critique la vie nouvelle et matérialiste de la classe moyenne coréenne. Elle met aussi en valeur le dur labeur de la vie d’une femme en Corée.

Quelques ouvrages :

Le piquet de ma mère (엄마의 말뚝, 1982) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Hors les murs (그 많던 싱아는 누가 다 먹었을까, 1992) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Souvenir d’une montagne (그 산이 정말 거기 있었을까, 1995) FR




Yi Chong-jun / 이청준
(1939 - 2008)

Issu d’un milieu modeste et imprégné des bouleversements politiques et sociaux de la Corée du XXe siècle, Yi Chong-jun, formé à la littérature allemande, s’est imposé comme une figure de la génération militante du 19-Avril 1960, dévoilant les troubles et frictions entre l’individu et l’histoire, entre l’identité, la liberté et l’oppression. Ses récits, à la fois réalistes et allégoriques, interrogent le pouvoir du langage et de l’art dans une société fracturée. Il y dénonce la violence politique et la manipulation idéologique par les mots, tout en célébrant la capacité de l’art - notamment les traditions populaires comme le pansori - à offrir une échappatoire. Son œuvre, composée d’une centaine de nouvelles et de treize romans, est empreinte d’une profondeur philosophique voire métaphysique. Yi Chong-jun a marqué la littérature coréenne grâce à son style poétique et engagé, où chaque ligne devient un acte de résistance et dépasse les blessures de l’histoire.

Quelques ouvrages :

L’île d’Io (이어도, 1974) FR
Ce paradis qui est le vôtre (당신들의 천국, 1976) FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Yi In-seong / 이인성
(1953 - )

Yi In-seong est un auteur se réclamant du postmodernisme, souhaitant dépasser la simple réalité, il interroge les contradictions de la modernité coréenne à travers l’introspection et l’expérimentation. Diplômé en littérature française à l’Université nationale de Séoul, il obtient son doctorat avec une thèse sur Molière, et enseigne jusqu’en 2006. Sa carrière émergeant dans les années 1980 pendant la dictature militaire, Yi In-seong rejette la littérature militante comme la littérature purement esthétique. Pour lui, l’acte d’écrire est une exploration de l’existence même, au-delà des apparences sociales. Sa plume, souvent qualifiée de « cubiste », brise les formes narratives traditionnelles pour révéler l’invisible, une réalité fragmentée, profonde et incomprise. Il fonde en 2001 la revue Champs Littéraires (Munhak pan), un espace de réflexion sur la place de la littérature face aux pressions du marché. Considéré comme un chef de file, il inspire par sa vision d’une littérature libérée des conventions.

Quelques ouvrages :

Saisons d’exil (낯선 시간 속으로, 1983) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Souffle à peine perceptible (한없이 낮은 숨결, 1989) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Sept méandres pour une île (강 어귀에 섬 하나, 1998) FR




Yi Mun-yol / 이문열
(1948 - )

Né à la fin de la colonisation japonaise, Yi Mun-Yol a traversé les tourments de l’histoire coréenne, marquant son œuvre d’une vaillance et d’une sensibilité reconnue. Enfant d’un père communiste parti au Nord pendant la Guerre de Corée, il grandit sous le poids du stigmate, vagabondant avec sa famille de ville en ville. Malgré des débuts littéraires tardifs avec sa nouvelle Chant aux frontières, il s’impose rapidement comme un écrivain ambitieux et prolifique. Ses œuvres - entre récits allégoriques, introspectifs et chroniques politiques - explorent les injustices sociales et les fractures identitaires. Aujourd’hui professeur, directeur du centre littéraire Buak, et chevalier des Arts et des Lettres, il reste une figure incontournable de la scène littéraire coréenne, dessinant de ses mots les contradictions de la Corée moderne.

Quelques ouvrages :

Le fils de l’homme ( 사람의 아들, 1983) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
L’Ile anonyme (익명의 섬, 2002) FR




Yun Heung-gil / 윤흥길
(1942 - )

Écrivain salué pour sa capacité à capturer l’âme d’une Corée en proie aux tragédies, Yun Heung-gil s’empare du réel pour dessiner, avec un réalisme saisissant, les déchirures d’une société. Diplômé en littérature coréenne, il écrit ses premiers récits en 1968 en parallèle de sa carrière d’enseignant. Il consacre son œuvre à raconter les cicatrices de la Corée moderne : guerre, division du pays, industrialisation brutale et aliénation sociale. Ses premiers écrits sont d’inspiration autobiographique, avec une recrudescence des tensions familiales et idéologiques nées de la guerre. Puis, à partir des années 1970, il axe son œuvre sur les contradictions de la dictature militaire et les dilemmes moraux d’une société tiraillée entre progrès matériel et oppression politique. À travers sa plume, Yun Heung-gil transmet des images fortes et symboliques, empreintes de l’absurdité et de l’acuité des conflits, et de la résilience civile.

Quelques ouvrages :

La mousson (장마, 1973) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
L’homme parti laissant neuf paires de chaussures (아홉켤레의 구두로 남은 사내, 1977) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Mère (에미, 1987) FR




Yun Hu-myong / 윤후명
(1946 - )

Yun Hu-myong est un auteur explorant - au-delà du simple réalisme partagé par ses contemporains - la fragilité humaine et l’évasion par le rêve, croisant histoire collective et quête individuelle. Alors qu’il était encore étudiant en philosophie, Yun Hu-myong s’impose dès 1967 comme une voix poétique forte. Une décennie plus tard, il se tourne vers une carrière romanesque. Très influent dans les années 1980, il reste toutefois à l’écart de la tendance de ses pairs, développant des récits en marge du réalisme social dominant. Il explore les désirs individuels et la puissance du fantasme : ses personnages, rongés par un vide ontologique et l’absurdité du quotidien, cherchent éperdument à dépasser leur solitude et leur désespoir, souvent à travers une quête amoureuse ou une fuite vers l’imaginaire.

Quelques ouvrages :

L’amour de Dunhwang (돈황의 사랑, 1983) FR
Le phénix (부활하는 새, 1985) KR
Chemin de fer à voie étroite (협궤열차, 1992) KR








Période Fin de la Guerre froide et démocratisation (1990 - 2000)






Eun Hee-kyung / 은희경
(1959 - )

Née dans une Corée en pleine mutation, engagée et féministe sans dogmatisme, Eun Hee-kyung est une autrice réaliste qui puise son inspiration dans les contradictions de la vie quotidienne, qu’elle transforme en récits empreints d’humour cynique et de subtilité. Diplômée en littérature à l’université Sookmyung puis de celle de Yonsei, elle a grandi entourée de contes traditionnels et de paradoxes des relations humaines. Son vécu a forgé un regard aigu sur les problèmes de communication, l’hypocrisie sociale et les idéologies. Ses personnages adoptent une distance protectrice vis-à-vis des émotions et des conventions, qu’il s’agisse de l’amour, de la famille ou des normes sociales. Pourtant, derrière cette hardiesse se cache une quête d’authenticité, et une tendresse pour les résilients. Son écriture évolue vers une exploration des racines existentielles, des histoires familiales et des liens interpersonnels fragiles.

Quelques ouvrages :

Le cadeau de l’oiseau (새의 선물, 1995) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Les boîtes de ma femme (아내의 상자, 1995) FR
Encouragez donc les garçons (소년을 위로해줘, 2010) FR




Gong Ji-young / 공지영
(1963 - )

Dans le paysage de revendications sociales des années 1980 - 1990, Gong Ji-young s’est imposée comme une autrice incontournable. Diplômée d’une licence de littérature en 1985, c’est durant ces années qu’elle entre en contact avec les mouvements démocratiques étudiants. Après avoir travaillé au sein de l’Association des écrivains libres, comme éditrice puis traductrice, Gong Ji-Young se révèle comme écrivaine, à la suite d’un événement décisif : sa détention à la suite d’une manifestation contre la fraude électorale de 1987. Ses récits, nourris de ses expériences personnelles et de ses combats, explorent des thèmes poignants : la condition des travailleurs en Corée du Sud, l’ostracisme, mais également le combat des jeunes femmes dans une société rigide.

Quelques ouvrages :

Pars seule comme une corne de rhinocéros (무소의 뿔처럼 혼자서 가라, 1993) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Nos jours heureux (우리들의 행복한 시간, 2005) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Les enfants du silence (도가니, 2009) FR
L’Échelle de Jacob (높고 푸른 사다리, 2013) FR




Kim Hoon / 김훈
(1948 - )

Kim Hoon est un auteur spécialisé dans la littérature historique, salué pour sa rigueur descriptive, il est lauréat de prix littéraires prestigieux. Kim Hoon s’est d’abord orienté vers le journalisme. Pendant vingt ans, il a travaillé dans les salles de rédaction des principaux quotidiens sud-coréens, tels que les journaux Hankook, Sisa, Hankyoreh, s’occupant avec acuité des crises et des drames humains. Ce n’est qu’à l’âge de 47 ans qu’il se révèle comme romancier, imposant dès ses premiers textes une plume précise et réaliste, nourri de son expérience de correspondant et de sa passion pour les récits historiques. Ses ouvrages explorent les événements charnières où les individus sont confrontés à l’histoire ou à leurs propres démons. Qu’il écrive sur des guerriers légendaires ou des personnages oubliés de la Corée ancienne, Kim Hoon excelle à combiner la rigueur documentaire et la profondeur psychologique, des batailles épiques aux drames intimes.

Quelques ouvrages :

Le chant du sabre (칼의 노래, 2001) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
En beauté (화장, 2004) FR




Kim Young-ha / 김영하
(1968 - )

Sans formation littéraire initiale, Kim Young-ha s’impose rapidement comme une figure inédite d’une nouvelle génération de la littérature sud-coréenne, portée par un réalisme urbain et psychologique. En études de commerce, il découvre son talent pour l’écriture dans les années 1990 grâce à des publications en ligne. Reconnu pour son style froid et son regard acéré sur la société moderne, il explore des thèmes comme le nihilisme, l’aliénation et les contradictions du capitalisme. Il enseigne l’écriture à l’Université nationale des arts de Corée avant de se consacrer pleinement à sa carrière d’écrivain. Son œuvre est ponctuée de distinctions prestigieuses, de multiples traductions et d’adaptations. Engagé dans la vie culturelle du pays, il anime des émissions radio, des podcasts et intervient dans des débats publics.

Quelques ouvrages :

La mort à demi-mot (나는 나를 파괴할 권리가 있다, 1996) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
L’empire des lumières (빛의 제국, 2006) FR
La mémoire assassine (살인자의 기억법, 2013) FR




Lee Seung-u / 이승우
(1959 - )

L’écrivain Lee Seung-u incarne une littérature unique, présentée comme celle de l’intranquillité, où s’entrecroisent réalisme philosophique, religions, complexités et sensibilités de la condition moderne. Après une jeunesse marquée par la spiritualité, Lee Seung-u se tourne vers des études de théologie. Diplômé dans ce domaine, il entame une carrière de journaliste avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Son parcours littéraire débute véritablement en 1981 avec la nouvelle Portrait d’Erysichton, inspirée par l’attentat contre le pape Jean-Paul II. Lee Seung-u, ancré dans une génération post-répression des années 1980, explore la dialectique entre foi chrétienne, rédemption et réflexion existentielle. Son œuvre, lauréate de plusieurs prix prestigieux, et forte d’un succès international, est reconnue pour sa poétique et sa profondeur métaphysique.

Quelques ouvrages :

Portrait d’Erysichton (에리직톤의 초상, 1981) KR
L’envers de la vie (생의 이면, 1992) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
La vie rêvée des plantes (식물들의 사생활, 2000) FR
Le Regard de midi (한낮의 시선, 2009) FR




Shin Kyung-sook / 신경숙
(1963 - )

Shin Kyung-sook est un écrivaine depuis toujours passionnée par la littérature - figure aussi engagée politiquement - elle s’emploie dans ses récits à partager les réflexions psychologiques de la vie quotidienne. Originaire d’un milieu rural où elle nourrit très tôt le rêve de devenir écrivaine, elle part pour Séoul, où elle cumule travail en usine et études, expérience qui la trouble profondément. Elle commence sa carrière en 1985, et sera l’une des figures de proue de la génération « 386 » - jeunes coréens engagés dans les mouvements démocratiques dans les années 1980. Toutefois, son œuvre, loin des récits militants, se distingue véritablement par la description précise des blessures psychologiques et des contradictions humaines. Elle s’empare, de sa plume délicate et saisissante, de thèmes tels que la famille, la mémoire ou l’identité, qu’elle met en valeur dans des récits captivant par leur intrigue et leur tension narrative.

Quelques ouvrages :

La chambre solitaire (외딴방, 1995) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Li chin (리진, 2007) KR
Prends soin de maman (엄마를 부탁해, 2008) FR




Yang Gui-ja / 양귀자
(1955 - )

Forte d’une plume empreinte de réalisme social, Yang Gui-ja s’inscrit comme un autrice phare de la littérature de son temps, la littérature urbaine. Révélée dès le collège, lauréate de plusieurs prix d’écriture, elle confirme son talent en remportant en 1978 le prestigieux concours du nouvel écrivain du magazine Munhak Sasang. Diplômée de littérature coréenne, elle est rapidement saluée pour sa prose sophistiquée et son aptitude à souligner les contradictions d’une société en constante mutation. Ses récits sont dans un premier temps influencés par les luttes sociales des années 1980, puis ils évoluent progressivement vers une représentation plus précise des désillusions, des failles et la quête de sens dans les années 1990. Comme des témoignages universels, elle décrit sans fausseté, avec mélancolie et une fine ironie, la vie ordinaire des marginaux, des ouvriers et des familles brisées.

Quelques ouvrages :

Voisins à Wonmi-dong (원미동 사람들, 1987) KR
Contradiction (모순, 1998) KR en accès libre dans l’espace d’exposition




Yoon Dae-nyeong / 윤대녕
(1962 - )

Yoon Dae-nyeong s’affirme comme un écrivain de la littérature post-moderniste dont l’œuvre explore les déchirures de l’âme moderne. Diplômé de littérature française, il se révèle en 1990 en remportant le prix Munhak Sasang du nouvel écrivain. Son univers littéraire capture l’essence d’une génération désenchantée, prise entre l’hypermatérialisme et la quête d’authenticité. Ses récits mettent en scène des personnages en errance dans un monde où les repères disparaissent. À travers des rencontres surprenantes ou des moments plaisants fugaces, il dépeint leur lutte pour échapper à la vacuité. Observateur minutieux du paysage et du quotidien des années 1990, Yoon Dae-nyeong mêle esthétisme et rythme saccadé, reflétant la vitesse et le spectacle de la vie moderne, tout en mêlant mythes anciens, récits policiers et métaphores audacieuses.

Quelques ouvrages :

Voleur d’oeufs (사슴벌레 여자, 2001) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Je suis allée voir un vieux film (옛날 영화를 보러갔다, 1995) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Un voyageur dans la neige (눈의 여행자, 2003) KR








Après 2000






Baek Se-hee / 백세희
(1990 - 2025)

Baek Se-hee est une essayiste sud-coréenne dont l’œuvre explore avec une franchise surprenante les complexités de la dépression et la quête de sens dans la vie quotidienne. Diplômée en études d’écriture créative à l’université, elle travaille pendant cinq ans dans une maison d’édition. Pendant une décennie, elle suit un traitement psychiatrique pour une dépression légère mais persistante, expérience qu’elle utilise en matière littéraire. Son premier livre, Je veux mourir, mais je mangerais bien du tteokbokki devient un phénomène éditorial en Corée du Sud et à l’international. Drôle, poignant et sans artifice, elle décrit dans cet essai son combat contre la dépression, ses séances de thérapie, et ses petits bonheurs, notamment son plat préféré, le tteokbokki. Son écriture, à la fois intime et universelle, résonne avec des milliers de lecteurs, brisant les tabous autour de la santé mentale.

Quelques ouvrages :

Je veux mourir, mais je mangerais bien du tteokbokki (죽고 싶지만 떡볶이는 먹고 싶어, 2018) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Chang Kang-myoung / 장강명
(1975 - )

Chang Kang-myoung est un auteur contemporain, nourri de son expérience de journaliste, il partage une littérature fictionnelle qui reste ancrée dans les réalités percutantes modernes. Après des études en ingénierie d’urbanisme, il abandonne sa carrière dans une compagnie de construction pour devenir journaliste reporter au quotidien Dong-A, dans laquelle il reste 11 ans. Il se lance dans l’écriture en 2011, son premier roman lauréat du prix littéraire Hankyoreh. Dans ses récits, il explore les tensions sociales, la critique politique ou encore les mutations de la société au travers de thrillers et de romans policiers. Multiprimé, son parcours influe profondément sur son style de rédaction, mariant rigueur factuelle et analyse sociale, entrecroisant fiction et format journalistique.

Quelques ouvrages :

Génération B (표백, 2011) FR
Qui veut la guerre (우리의 소원은 전쟁, 2016) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Le monde que vous voulez voir (당신들이 보고 싶어하는 세상, 2023) KR en accès libre dans l’espace d’exposition




Cheon Myeong-kwan / 천명관
(1964 - )

Non seulement scénariste et réalisateur, Cheon Myeong-kwan déploie sa richesse narrative dans sa carrière d’écrivain, et utilise la satire et le surprenant pour tracer les contours de la société moderne. Après son service militaire et quelques emplois précaires, Cheon Myeong-kwan se retrouve par hasard dans l’industrie cinématographique, puis, suite aux encouragements de son frère, il se tourne vers l’écriture. Son entrée en littérature en 2003 avec sa nouvelle Franck et moi est un vrai succès. À travers un ton humoristique, ses écrits transcrivent les réalités sociétales coréennes en récits absurdes ou épiques. Son premier roman, La baleine, est devenu un classique de la littérature coréenne, dessinant de ses mots audacieux une description poignante de destins féminins. Son œuvre s’étend des chroniques familiales aux épopées historiques, entrelaçant mythes, satire et analyse sociale.

Quelques ouvrages :

La baleine (고래, 2004) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Mon oncle Bruce Lee (나의 삼촌 브루스 리, 2012) KR




Cheon Seon-ran / 천선란
(1993 - )

Cheon Seon-ran est une écrivaine de science-fiction, elle commence à écrire durant ses études au lycée artistique, puis décide de poursuivre un master en création littéraire, consacrant pendant cette période la majeure partie de son temps à imaginer et à écrire. Elle fait ses débuts littéraires en 2019, avec des succès ; son roman de science-fiction A Thousand Blues gagne en 2020 le Grand Prix de la littérature de science-fiction coréenne. Elle devient une étoile montante coréenne incontournable de ce genre. L’ouvrage a été vendu dans une dizaine de pays et a conquis un lectorat international. Plus récemment, les droits d’adaptation cinématographique ont été acquis par Warner Bros, l’un des trois plus grands studios mondiaux, ce qui lui a valu de nouveau une reconnaissance internationale.

Quelques ouvrages :

Milles bleus (천 개의 파랑, 2020) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Le sauveur de nuit (밤에 찾아오는 구원자, 2021) KR




Cho Nam-joo / 조남주
(1978 - )

Cho Nam-joo, autrice féministe, incarne la puissance de la littérature contemporaine comme outil de lutte contre les injustices : à travers la fiction, elle dénonce les inégalités structurelles et cultive l’empathie, ses récits devenant miroirs des réalités sociales. Sociologue de formation, Cho Nam-joo travaille comme scénariste pour la télévision, toutefois, après avoir donné naissance à son premier enfant, elle est contrainte de devenir mère au foyer. C’est alors qu’elle décide de se consacrer à l’écriture. Ses deux premiers romans sont bien reçus par le public, mais c’est véritablement son troisième roman, Kim Jiyoung, née en 1982, qui la propulse sur le devant de la scène, vendu à plus d’un million d’exemplaires et traduit dans 18 langues, il transcende les frontières. Ce roman-choc inspiré de son propre témoignage dépeint tel un documentaire les discriminations systémiques subies par les femmes. Elle use d’un style à la fois sobre et percutant qui mêle réalisme social et approche journalistique, donnant voix aux marginalisés.

Quelques ouvrages :

Si tu écoutes (귀를 기울이면, 2011) KR
Kim Jiyoung, née en 1982 (82년생 김지영, 2016) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Résidence Saha (사하맨션, 2019) FR




Choi Eun-young / 최은영
(1984 - )

Choi Eun-young est une féministe assumée dans ses écrits, elle s’impose comme une voix essentielle pour concevoir les tensions sociales et politiques de la Corée actuelle. Étudiante en littérature coréenne, Choi Eun-yeong s’engage activement dans les débats sociaux et féministes dans un journal étudiant. Elle se révèle en 2013 avec sa nouvelle Le sourire de Shoko, qui est célébrée par le prix Munhakdongne. Son combat littéraire s’enracine dans un héritage familial : son père, enseignant et syndicaliste, lui transmet un regard critique sur les injustices sociales, toutefois, elle s’émancipe de ses positions conservatrices sur le genre. Disposant d’une plume limpide et puissante portée par une structure narrative sophistiquée, son œuvre, inspirée par des événements historiques, allie fiction et dénonciation politique.

Quelques ouvrages :

Le sourire de Shoko (쇼코의 미소, 2016) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Nuit claire (밝은 밤, 2021) KR




Choi Jin-young / 최진영
(1981 - )

Choi Ji-young, discrète et méthodique, se considère écrivaine de métier : lever à 8h, travail jusqu’au soir, puis lectures ou promenades solitaires. « J’écris depuis les limites de la société, là où les gens n’ont plus rien à perdre », résume-t-elle. Diplômée en littérature coréenne, elle commence à écrire par plaisir, lors de brèves pauses, notamment dans l’intimité de sa cuisine après de longues journées, textes qu’elle qualifie de « kitchen-table fiction ». Sa signature d’écrivaine est marquée par des textes volontairement simples et accessibles par tous. Avec un premier prix en 2006, elle fait son entrée avec des romans de fiction - forts d’un réalisme social - sur la scène littéraire nationale. Dans un cynisme poétique, ses protagonistes souvent marginalisés dans la société - précaires, femmes, jeunes en quête de sens - incarnent une Corée plurielle, voire fracturée.

Quelques ouvrages :

Le nom de la fille qui vous a frôlé (당신 옆을 스쳐간 그 소녀의 이름은, 2010) KR
Démonstration de Gu (구의 증명, 2015) KR en accès libre dans l’espace d’exposition




Chung Bora / 정보라
(1976 - )

Bora Chung est une romancière, traductrice de polonais et de russe, et militante, reconnue pour son univers littéraire atypique mêlant réalisme magique, horreur et science-fiction. Après des études en littérature russe, anglaise et est-européenne, elle obtient un master à Yale et un doctorat en littérature slave à l’université de l’Indiana. Elle préside aussi l’Union des écrivains de science-fiction de Corée. Son parcours influence profondément son œuvre, marquée par des récits sombres et oniriques où des femmes luttent dans des sociétés oppressives. Son recueil de nouvelles Lapin maudit est salué pour son exploration des violences patriarcales et capitalistes à travers des fables horrifiques et des contes revisités. Shortlisté pour le International Booker Prize en 2022, ce livre révèle son talent pour brouiller les frontières entre le fantastique et le réel. Depuis, ses recueils de nouvelles, tels que La ronde de nuit, font sensation.

Quelques ouvrages :

Lapin Maudit (저주 토끼, 2017) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
La ronde de nuit (한밤의 시간표, 2023) FR
Ton utopia (너의 유토피아, 2025) KR




Chung Se-rang / 정세랑
(1984 - )

Chung Se-rang est une autrice représentative de la science-fiction et du fantastique contemporain coréen, contribuant à épouser un message de diversité, de féminisme et de justice sociale. Après des débuts en tant qu’éditrice, elle se révèle au public en 2010 avec la nouvelle Rêve, rêve, rêve. Son univers explore la résilience des individus, transformant l’adversité et le chaos en nouvelle étincelle d’espoir. Aujourd’hui autrice de plusieurs romans et de deux recueils de nouvelles traduits dans plusieurs langues, elle séduit ses lecteurs grâce à la tension narrative de ses écrits, tout en sublimant la complexité humaine.

Quelques ouvrages :

Ahn Eun-yeong, infirmière de l’école (보건교사 안은영, 2015) KR
Le monde selon Sisun (시선으로부터, 2020) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Gendry-Kim Keum-suk / 김금숙
(1971 - )

Autrice de romans graphiques, traductrice et illustratrice sud-coréenne, Gendry-Kim Keum-suk est installée en France où elle collabore avec plusieurs maisons d’édition pour des traductions. Son style de dessin se caractérise par des traits puissants réalisés à l’encre de Chine. Elle écrit des romans graphiques qui se classent dans le genre de la bande dessinée documentaire et du réalisme historique. Ses œuvres sont basées sur des faits réels et visent à mettre en lumière des épisodes souvent occultés de l’histoire coréenne. Gendry-Kim Keum-suk se concentre en particulier sur la mémoire des femmes et sur les traumatismes liés à la guerre. Son œuvre la plus célèbre, L’arbre nu, est le fruit de plusieurs années de travail et de recherche sur le mouvement de libération des femmes coréennes. On peut également retrouver ses dessins dans de nombreux journaux en Corée du Sud.

Quelques ouvrages :

Mauvaises herbes (풀, 2018) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
L’arbre nu (나목, 2020) FR
La saison des pluies (개, 2022) FR
Mon ami Kim Jong-un (내 친구 김정은, 2025) FR




Gu Byeong-mo / 구병모
(1976 - )

Gu Byeong-mo est une romancière et nouvelliste dont l’œuvre, à la frontière du réalisme et du fantastique, révèle à travers ses mots les recoins sombres de l’humain et les failles de la société. Diplômée en langue et littérature coréenne, elle fait ses débuts littéraires en 2009 avec Les petits pains de la pleine lune. Séduisant les adolescents autant que les adultes, elle use d’un style imagé sans limite et une critique sociale forte, abordant des thèmes audacieux et polémiques tels que la violence familiale, l’isolement ou la lutte intérieure. Ses récits, souvent qualifiés de « réalisme fantastique », lient merveilles et horreurs du quotidien, révélant une société où le surnaturel devient métaphore des traumatismes humains.

Quelques ouvrages :

Les petits pains de la pleine lune (위저드 베이커리, 2009) FR
Le fils de l’eau (아가미, 2011) FR
La vieille dame au couteau (파과, 2013) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Han Kang / 한강
(1970 - )

Romancière et lauréate du Prix Nobel de littérature 2024, Han Kang est reconnue pour sa prose poétique et expérimentale. Ses œuvres explorent de manière intense et brutale les traumatismes historiques - notamment le soulèvement de Gwangju de 1980 dont elle représente la génération - et la violence inhérente à l’humanité. En défiant l’amnésie d’État, Han Kang transforme son écriture en un acte de résistance, posant des questions fondamentales sur la violence humaine, le deuil et la nécessité de la mémoire. Son succès explose en 2016 où son roman La Végétarienne la propulse sur la scène littéraire mondiale en remportant le Man Booker International Prize.

Quelques ouvrages :

La Végétarienne (채식주의자, 2007) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Celui qui revient (소년이 온다, 2014) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Impossible adieux (작별하지 않는다, 2021) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Huh Su-kyung / 허수경
(1964 - 2018)

Huh Su-kyung est une poétesse, archéologue et traductrice, figure emblématique de la littérature diasporique coréenne. Elle émerge sur la scène littéraire avec des poèmes publiés dans la revue Littérature engagée, puis avec des recueils entre lyrisme, tradition et mélancolie féminine. En 1992, elle part en Allemagne pour y étudier l’archéologie du Proche-Orient. Sa carrière d’archéologue ne l’empêche pas de poursuivre l’écriture d’une œuvre poétique et romanesque en coréen, nourrie par son exil et son regard d’archéologue sur les fragments de l’histoire et de la langue. Ses textes - souvent inspirés des contes et chants populaires coréens - explorent la solitude, la douleur et la quête d’identité.

Quelques ouvrages :

Quel engrais vaudra mieux que la tristesse ? (슬픔만한 거름이 어디 있으랴, 1988) KR
De la gare dont personne ne se souvient (누구도 기억하지 않는 역에서, 2016) KR
15° vent de Nord-Ouest (2019) FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Hwang Jung-eun / 황정은
(1976 - )

Figure majeure de la littérature sud-coréenne contemporaine, Hwang Jung-eun est acclamée pour sa plume singulière et son attrait pour les thématiques sociales. Elle fait ses débuts littéraires en 2005 avec la nouvelle Mère, qui lui a valu le Prix du nouvel écrivain du journal Kyunghyang. Depuis, elle a régulièrement publié des romans et des recueils de nouvelles, consolidant sa réputation d’écrivaine à l’imagination débordante et à l’esthétique unique. Hwang Jung-eun est principalement associée à la fiction littéraire contemporaine. Son style d’écriture se distingue par l’utilisation du fantastique et de l’allégorie, qui servent de tremplin fictionnel pour créer un ton à la fois joyeux et empreint de la tristesse de la réalité. Hwang Jung-eun tend à se concentrer sur la reconstruction de la voix des minorités sociales, en traitant l’injustice, la violence sociale, la culpabilité, les liens et le souvenir, et en révélant au-delà de l’invisible les vérités cachées des problèmes sociaux.

Quelques ouvrages :

Mère (마더, 2005) KR
Cent ombres (백의 그림자, 2010) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Je vais ainsi (계속해보겠습니다, 2014) FR
La Parapluie de DD (디디의 우산, 2019) KR




Jeong You-jeong / 정유정
(1966 - )

Romancière de renom, elle est souvent comparée à Stephen King pour son style captivant et ses thèmes sombres. Elle suit d’abord une formation d’infirmière et travaille dans un hôpital pendant cinq ans, puis passe neuf ans au Service d’évaluation et de revue de l’assurance maladie. Jeong You-jeong est devenue par la suite une autrice de thriller psychologique et de roman policier à succès. Son expérience professionnelle lui a permis de développer des récits très détaillés et réalistes pour ses romans. Son style se caractérise par une structure narrative complexe pour créer de la tension, ainsi qu’une psychologie raffinée et dure révélant la face sombre de la nature humaine, mêlée d’une honnêteté dérangeante. Les thèmes centraux de ses œuvres tournent autour de l’exploration de l’animosité humaine et ses origines, en évoquant plus spécifiquement le traumatisme, la culpabilité, la rédemption, la dystopie, ou encore l’évasion et la liberté. Son succès international s’est confirmé avec la publication de ses thrillers psychologiques dans plus de vingt pays.

Quelques ouvrages :

Tire sur mon coeur (내 심장을 쏴라, 2009) KR
Les nuits de sept ans (7년의 밤, 2011) FR
Généalogie du mal (종의 기원, 2016) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Jin Eun-young / 진은영
(1970 - )

Figure marquante de la littérature coréenne, Jin Eun-young est reconnue à la fois comme poétesse et philosophe, après un doctorat sur Nietzsche. Elle a débuté en poésie en 2000 et est souvent saluée pour sa capacité à exprimer le quotidien d’une manière nouvelle et sensible. Elle est à la fois associée à un genre considéré « futuriste » et à une poésie d’amour profondément politique et engagée. Ses thèmes majeurs sont l’amour sous toutes ses formes, la douleur et la perte - notamment en lien avec la tragédie du ferry Sewol, ainsi que l’exploration des questions de justice et d’activisme.

Quelques ouvrages :

Dictionnaire en sept mots (일곱 개의 단어로 된 사전, 2003) KR
Des flocons de neige rouge (붉은 눈송이, 2016) FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Kim Ae-ran / 김애란
(1980 - )

Romancière sud-coréenne, elle a étudié l’écriture créative à l’Institut des Arts de Séoul et est considérée comme une figure majeure de la nouvelle génération d’écrivains coréens. Son style d’écriture est caractérisé par sa tonalité humoristique et ironique qu’elle utilise pour aborder des sujets graves. Elle écrit des récits de fiction réalistes, souvent sous forme de nouvelles. Elle a un talent pour capturer les détails de la vie quotidienne avec une grande précision, rendant ses personnages profondément humains et attachants. Kim Ae-ran se concentre sur les défis rencontrés par la jeunesse coréenne, en particulier les jeunes adultes qui peinent à trouver leur place dans la société. Ses thèmes récurrents incluent la pauvreté, l’isolement et le fossé entre les générations. Elle explore également la fragilité des relations familiales et les rêves brisés de ses personnages avec une empathie et une sensibilité remarquables.

Quelques ouvrages :

Cours papa, cours ! (달려라 아비, 2005) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Ma vie palpitante (두근두근 내 인생, 2011) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Traînée de condensation (비행운, 2013) KR




Kim Cho-yeop / 김초엽
(1993 - )

Après un diplôme de chimie, Kim Cho-yeop se lance dans l’écriture de récits de fantasy et de science-fiction. Ses romans puisent leur créativité dans ses vastes connaissances scientifiques, afin de créer des univers futuristes vraisemblables et menaçant, au sein desquels évoluent des personnages féminins inspirants. Ses œuvres explorent des thèmes tels que l’évolution du cerveau humain, les relations humaines à l’ère technologique et les questions de genre. Elle utilise la science-fiction comme outil pour interroger les défis sociaux et psychologiques de notre époque. Les personnages de ses histoires sont souvent des personnes qui se sentent marginalisées, en quête de lien et de sens. En 2017, Kim Cho-yeop est récompensée pour sa première nouvelle, Propriétés physiques du sentiment, qui est paru en France chez les éditions Decrescenzo en 2024.

Quelques ouvrages :

Propriétés physiques du sentiment (우리가 빛의 속도로 갈 수 없다면, 2019) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
La serre du bout du monde (지구 끝의 온실, 2021) FR




Kim Geum-hee / 김금희
(1979 - )

Kim Geum-hee est une nouvelliste et romancière sud-coréenne. Elle est diplômée du département d’écriture créative de l’Institut des Arts de Séoul et a fait ses débuts littéraires en 2009. Son style d’écriture est caractérisé par sa précision et sa perspicacité psychologique. Elle a un talent pour explorer les nuances de l’anxiété et des émotions humaines. Ses œuvres se classent dans la fiction littéraire et la fiction psychologique ainsi que la littérature féministe et le réalisme. Ses thèmes récurrents sont la fragilité des relations humaines, l’anxiété et l’isolement dans un monde moderne. Avec le recueil de nouvelles L’amour sous la lumière trop claire, Kim Geum-hee a remporté le prix Munhakdongne des Jeunes Auteurs en 2017, ce qui lui a valu d’être traduit en anglais. Son premier roman Le cœur de Gyeongae a été largement salué pour sa profondeur psychologique et son exploration de la complexité des relations humaines.

Quelques ouvrages :

L’amour sous la lumière trop claire (너무 한낮의 연애, 2016) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Le cœur de Gyeongae (경애의 마음, 2018) KR




Kim Hye-jin / 김혜진
(1983 - )

Née à Daegu, Kim Hye-jin fait ses débuts littéraires comme gagnante du prestigieux concours du journal Dong-A en 2012. En 2021, elle gagne le Prix du jeune écrivain, ce qui attire l’attention sur son travail. Elle considère la littérature comme le seul domaine permettant de voir concrètement l’intériorité d’une personne. Avec une affection particulière pour les personnes « incapables de compromis », elle cherche à révéler, à travers ses romans, leur monde intérieur, leurs relations et la société qui les entoure.

Quelques ouvrages :

À propos de ma fille (딸에 대하여, 2017) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Oreilles attentives (경청, 2022) FR




Kim Un-su / 김언수
(1972 - )

Né à Busan en 1972, le romancier Kim Un-su a été diplômé du département de langue et littérature coréennes à l’Université Kyung Hee, où il a également suivi un cursus de master. Il commence à écrire à l’âge de 17 ans, et débute comme romancier à la suite d’un concours des jeunes écrivains en 2002, à 32 ans. Depuis, il poursuit une carrière régulière. Son roman policier, Les planificateurs a été traduit et publié dans une vingtaine de pays, dont le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et les États-Unis. En 2016, il a été finaliste du Grand Prix de littérature policière en France. La lecture pour Kim Un-su signifie avant tout de faire l’expérience d’une autre vie, ainsi, par l’écrit, il trace des histoires et des vies qu’il aimerait lui-même expérimenter.

Quelques ouvrages :

Le Placard (캐비닛, 2006) FR
Les planificateurs (설계자들, 2010) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Sang Chaud (뜨거운 피 , 2016) FR




Kwon Yeo-sun / 권여선
(1965 - )

Kwon Yeo-sun est une romancière et nouvelliste dont les récits ne sont pas considérés comme conventionnels, tant au niveau de la forme que du fond, ce qui lui vaut la réputation d’ autrice difficile d’accès. Sa plume est décrite comme concise et hypnotique. Elle est parfois surnommée la « reine du malaise » et excelle à écrire des récits tels de subtils puzzles psychologiques. À travers ses écrits, Kwon Yeo-sun aborde des thèmes comme le deuil, le traumatisme et la vengeance, tout en dressant un portrait critique et acide de la société coréenne et de ses diktats. Elle connaît des débuts littéraires brillants dès 1996 lorsque sa nouvelle Un éclair bleu azur se voit récompensée du prix littéraire Sangsang.

Quelques ouvrages :

Un éclair bleu azur (푸르른 틈새, 1996) FR
La jupe de la vierge (처녀치마, 2004) KR
Lemon (레몬, 2019) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Ma Yeong-shin / 마영신
(1982 - )

Ma Yeong-shin a commencé à dessiner des bandes dessinées au sein d’un groupe indépendant à 25 ans, après avoir terminé son service militaire. Il est reconnu dans le monde de la bande dessinée alternative pour sa marque unique : il représente des personnages désespérés, soulignés par un ton sombre, tout en partageant plein d’espoir. Il dessine principalement des œuvres réalistes et socialement pertinentes. Il commence à publier des webtoons en 2015. Son roman graphique, Les daronnes, a d’abord été traduit en anglais en 2020. Grâce à cette œuvre, Ma Yeong-shin a remporté le prix du « meilleur livre international » aux Harvey Awards. En 2023, ce roman graphique est traduit en français par les éditions Atrabile.

Quelques ouvrages :

Les daronnes (엄마들, 2015) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Artiste (아티스트, 2019) KR




Moon Chung-hee / 문정희
(1947 - )

La poétesse Moon Chung-hee a publié son premier recueil, Souffle des fleurs, alors qu’elle était encore au lycée, puis a intégré le département de littérature coréenne de l’université Dongguk. Elle poursuit depuis une activité poétique intense. Affirmant que « la poésie est un art du langage inachevé », elle écrit depuis les années 1970 des poèmes féministes consacrés à la dignité et à la voix des femmes, ainsi que des poèmes exprimant l’amour, la pudeur, l’angoisse ou la tristesse, où la nature et la vie humaine se trouvent magnifiées par une langue fluide et élégante. En 2021, elle est nommée directrice du Musée national de littérature coréenne et participe à la transmission du patrimoine littéraire, dont celle de l’activité poétique.

Quelques ouvrages :

Suivre les roses maintenant (지금 장미를 따라, 2009) KR
Celle qui mangeait le riz froid (찬밥을 먹던 사람, 2012) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Mer de karma (카르마의 바다, 2012) KR




Park Kun-woong / 박건웅
(1972 - )

Park Kun-woong est un dessinateur de presse et un artiste du mouvement Minjung, qui met en lumière le poids de l’existence humaine à travers des événements historiques. Diplômé en peinture à l’université, il s’est fait connaître en achevant, durant son service militaire, le scénario de la bande dessinée Fleur. Réalisée en technique de gravure sur bois et retraçant, à travers la vie d’un individu, la tragédie de l’histoire contemporaine coréenne, Fleur a été publiée en 2006 chez Casterman en France. Plus tard, Massacre au pont de No Gun Ri a également été éditée en Italie et en France, recevant un accueil très favorable à l’étranger. L’ouvrage a de plus été sélectionné parmi les cinq finalistes du Prix Asie de la critique ACBD, décerné par l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée en France, confirmant ainsi sa valeur artistique. Depuis, il publie régulièrement des œuvres abordant des thèmes tels que le soulèvement de Jeju du 3 avril ou encore l’exploitation des personnes handicapées au travail, il est reconnu comme un « humaniste en lutte » et un « remarquable chroniqueur de l’histoire contemporaine coréenne ».

Quelques ouvrages :

Fleur (꽃, 2000) FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Massacre au pont de No Gun, Ri (노근리 이야기, 2006) FR
Un matin de ce printemps-là (그해 봄, 2018) FR




Park Sang-young / 박상영
(1988 - )

Park Sang-young est un écrivain sud-coréen de premier plan qui a fait ses débuts en 2016. Son style se caractérise par une prose légère, humoristique et crue, très colloquiale et rythmée, faisant écho à l’ère numérique. Il écrit principament des romans et des nouvelles qui explorent la vie queer contemporaine à Séoul. Ses thèmes de prédilection sont la solitude milléniale, l’amour homosexuel, les amitiés intenses, les contraintes sociales et la quête d’identité, abordés avec une ironie décalée qui masque souvent une profonde blessure émotionnelle.

Quelques ouvrages :

Les larmes d’un artiste inconnu et les pâtes Zaytun (알려지지 않은 예술가의 눈물과 자이툰 파스타, 2018) KR
S’aimer dans la grande ville (대도시의 사랑법, 2019) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Je veux être unidimensionnel (1차원이 되고 싶어, 2021) KR




Pyun Hye-young / 편혜영
(1972 - )

Reconnue pour ses romans et nouvelles sombres, les écrits de Pyun Hye-young s’inscrivent dans les genres de la fiction littéraire et du thriller psychologique. Son écriture se distingue par un ton distant et laconique, créant une atmosphère d’angoisse progressive. Elle tombe parfois dans le gore et le grotesque. Elle explore les thèmes de l’aliénation, de la cruauté quotidienne, de la déshumanisation du monde moderne, ainsi que l’impact destructeur de la peur et de l’isolement sur des personnages moralement ambigus.

Quelques ouvrages :

Cendres et Rouge (재와 빨강, 2010) FR
La Loi des lignes (선의 법칙, 2015) FR
Le jardin (홀, 2016) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Seo Mi-ae / 서미애
(1965 - )

Seo Mi-ae est considérée comme l’une des figures majeures, voire la « reine », du thriller et du roman policier coréen. Elle commence par la poésie avant de rapidement bifurquer vers la prose, elle a également travaillé comme scénariste pour la télévision et le cinéma. Son style est salué pour sa rigueur et ses intrigues captivantes, mais elle se distingue surtout par son intérêt pour la psychologie criminelle plutôt que pour les simples énigmes. Ses œuvres explorent l’obscurité de l’âme humaine, la violence domestique, le mal et ses origines, créant des thrillers qui conservent une qualité souvent jugée poétique ou cinématographique.

Quelques ouvrages :

Les 30 meilleures façons d’assassiner son mari (et autres meurtres conjugaux) (남편을 죽이는 서른 가지 방법, 1994) FR
Bonne nuit maman (잘 자요 엄마, 2010) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Chut, c’est un secret (모든 비밀에는 이름이 있다, 2021) FR




Song Sok-ze / 성석제
(1960 - )

Seong Sok-ze est un romancier et nouvelliste salué pour sa capacité à mêler le rire et la mélancolie. Il s’essaye à la poésie avant de s’orienter vers la fiction. Son style d’écriture se caractérise par une prose vivante, souvent construite sur la narration orale et l’usage de dialectes, rappelant la tradition des contes populaires et du pansori. Il écrit principalement des nouvelles et des romans dans le genre de la fiction contemporaine et de la satire sociale. Ses thèmes de prédilection sont les destins tragiques de gens ordinaires, les conflits entre les valeurs traditionnelles et l’individualisme moderne, le tout enveloppé d’un humour noir et de touches de fantastique.

Quelques ouvrages :

Je suis devenu un oiseau (새가 되었네, 1996) KR
Hwang Man-geun l’a dit (황만근은 이렇게 말했다, 2002) KR
À qui mieux-mieux (위풍당당, 2012) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition




Son Bo-mi / 손보미
(1980 - )

Son Bo-mi est une autrice - étoile montante de la littérature coréenne - reconnue pour ses fictions minimalistes, claires, et originales. Après des études en littérature coréenne, elle commence sa carrière d’écrivaine en 2011 en remportant le concours de nouvelles du journal Dong-A. Elle enseigne l’écriture créative, et en parallèle publie des œuvres qui défient les conventions narratives traditionnelles. Son approche rédactionnelle est inspirée par d’auteurs anglophones, tels Hemingway et Chandler, ainsi que l’utilisation délibérée d’un ton « traductionnel ». Ses récits explorent souvent les failles des relations humaines, les secrets familiaux et les ambiguïtés de la vie quotidienne, et ce, à travers des univers uniques et interconnectés, trompant le lecteur entre le réel et l’imaginaire.

Quelques ouvrages :

Un Lindy-Hop pour eux (그들에게 린디합을, 2013) KR en accès libre dans l’espace d’exposition
Cher Ralph Lauren (디어 랄프 로렌, 2017) KR
Une nuit pimpante et les chats (우아한 밤과 고양이들, 2018) KR




Sohn Won-pyung / 손원평
(1979 - )

Sohn Won-pyung est une romancière, scénariste et réalisatrice sud-coréenne, dont l’œuvre, à la fois accessible et riche en nuances et en profondeur, captivent un large public en Corée et à l’international. Après des études de sociologie, de philosophie, puis d’études cinématographiques, elle commence sa carrière dans le monde du cinéma en remportant le Film Review Award du magazine Cine21, avant de réaliser plusieurs courts-métrages primés. Elle écrit depuis sa jeunesse pour des prix littéraires, mais c’est après la naissance de son premier enfant qu’elle entre véritablement sur la scène littéraire avec la sortie de son premier roman, primé et fort d’un succès international, Amande. Ses écrits portent principalement le regard sur des personnages marginaux, en approchant des thèmes tels que la quête d’identité, la lutte intérieure ou encore la compassion et l’intégrité. Avec un rythme narratif captivant, Sohn Won-pyung esquisse une exploration fine des émotions humaines et des interactions sociales.

Quelques ouvrages :

Amande (아몬드, 2017) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
Contre-attaque de la trentaine (서른의 반격, 2017) KR
Neige en avril (사월의 눈, 2018) KR




Yun Ko-eun / 윤고은
(1980 - )

Yun Ko-eun est une romancière reconnue pour son style qui mélange fiction littéraire, thriller écologique et satire sociale, sombre et humoristique. Sa prose est concise mais souvent déroutante, utilisant l’imagination pour aborder des sujets sérieux. Elle explore principalement les thèmes du capitalisme, de la misogynie en entreprise, de l’aliénation de l’individu dans le monde moderne mais également de l’impact humain sur la nature.

Quelques ouvrages :

Table pour une personne (1인용 식탁, 2010) KR
Les touristes du désastre (밤의 여행자들, 2013) KR & FR en accès libre dans l’espace d’exposition
L’œuvre en flamme (불타는 작품, 2023) KR

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