La K-Pop à l’assaut de l’Hexagone - Concert SM Town Live in Paris -
Par Olivier LEHMANN
Journaliste

Les fans attendaient cela depuis une éternité et ils ont enfin été récompensés. En effet, les 10 et 11 juin 2011 se sont déroulés au Zénith de Paris deux concerts réunissant les stars de la K-Pop (abréviation désignant la musique populaire coréenne).
C’est la première fois qu’un tel évènement a lieu non seulement en France mais aussi en Europe. D’ailleurs le public, qui totalisait près de 13 000 jeunes fans sur les deux soirs, provenait des quatre coins de la planète : France bien sûr mais aussi Espagne, Italie, Allemagne, Pologne, Angleterre, Chine et même Pérou ! Cela dit, tout ce petit monde a bien failli ne pas rentrer dans la salle. Car le concert était prévu à la base pour un seul soir et les places se sont littéralement arrachées sur Internet en moins de dix minutes, privant ainsi de nombreux fans de leur rêve. Un mécontentement et une frustration, relayés par l’association Korean Connection, qui ont décidé le directeur du Centre Culturel Coréen, M. Choe Junho, à demander une seconde date à la société de production SM Entertainment. Une demande accordée en dépit des emplois du temps surchargés des organisateurs et des artistes.
Car il faut que dire que SM Entertainment n’est pas n’importe quelle société coréenne. Non seulement elle réunit quelques-uns des groupes de chanteurs coréens les plus populaires en Asie. Mais elle s’avère aussi un des fers de lance du « Hallyu » (littéralement « vague coréenne »), un mouvement apparu à la fin des années 1990 dont le but était de contrer la crise économique en exportant l’industrie culturelle coréenne en Asie, principalement films, séries télévisées et musique. Après avoir réussi à pénétrer les marchés japonais et américain, SM Entertainment a finalement fait un pas en direction de l’Europe, suite notamment au plébiscite de leur projet de concert à Paris via le réseau social Facebook.



Photo : LEE Joung-gen
Au final, ce n’est donc pas moins de cinq groupes - tous composés de jeunes stars - qui se sont produits sur la scène du Zénith : le duo masculin TVXQ ! (prononcer « Dong Bang Shin Ki »), les cinq garçons dynamiques de SHINee, les neuf idoles ravissantes de Girls’ Generation (en coréen SNSD, soit « So Nyo Shi Dae »), sans oublier le quintette féminin f(x) et la dizaine de garçons toniques de Super Junior.
Le résultat fut un mélange sucré mais survolté de Pop, Dance et R&B. Un show de trois heures parfaitement huilé où rien n’était laissé à l’improvisation, les artistes partageant plusieurs fois la scène pour des numéros ébouriffants. Parmi les temps forts, on retiendra d’ailleurs Onew, leader de SHINee, reprenant – voix de ténor à l’appui - l’air d’opéra de Puccini, Nessun Dorma. Ou l’humour des Super Junior parodiant Beyonce avec perruque et robe moulante. Ou bien encore les membres de SHINee, pourvus d’un harnais, s’envolant dans des cieux rougeoyants au son de « Lucifer », un de leurs titres phares. Et bien sûr l’émouvant final avec la trentaine d’artistes sur scène remerciant les spectateurs pendant de longues minutes. Véritablement conquis, le public tantôt scandait le nom de ses groupes favoris, tantôt agitait de gros cœurs en mousse ou des bâtons fluorescents. L’ambiance était donc à l’amitié, à la tendresse et au bonheur partagé, dans une communion quasi familiale (durant le concert, de courtes vidéos martelaient le slogan – en français - « SM Town sera un ami qui connaît vos cœurs »). Agrémenté d’un écran géant mais aussi de fumigènes et de lasers, le spectacle avait donc de quoi enthousiasmer même les plus allergiques à la K-Pop. Car – et c’est la force de SM Entertainment – une incroyable énergie positive se dégage de ces jeunes gens beaux, élégants, qui savent bouger et chanter avec talent.
Pas de doute : à travers ces concerts parisiens particulièrement réussis, la K-Pop vient de franchir officiellement en fanfare les portes de l’Europe. Et elle n’est certainement pas prête de s’arrêter !
Cet article est extrait du numéro 82 de la revue "Culture Coréenne", publication du Centre Culturel Coréen. Pour découvrir ce numéro dans son intégralité, cliquez ici.


