Jeju, une beauté subtropicale

Par Jean-Luc TOULA-BREYSSE
Journaliste

Jeju, une beauté subtropicale

Sous le souffle de l’esprit des vents et des vifs embruns venus du large, l’île de Jeju, au sud de la péninsule coréenne, semble sortir de l’écume des rêves. Cette merveille de la nature en marge du continent dégage une beauté jaillissant çà et là dans une étonnante diversité. Ses atouts naturels : la variété de ses paysages, des falaises abruptes aux luxuriantes forêts, des plages de sable fin aux impressionnantes chutes d’eau dont celle de Jeongbang, la seule cascade en Asie à se précipiter directement dans la mer, sa végétation, son climat maritime subtropical... Longeant le littoral, traversant villages et forêts ou serpentant les flancs des montagnes, les chemins de randonnée réjouissent les visiteurs en quête de nature. Le cadre contribue à éblouir grand nombre de voyageurs. L’île est réputée pour ses tunnels de lave et ses formations rocheuses d’origine volcanique, telles des sculptures monumentales marquant le littoral méridional.

Ici, les coutumes et l’organisation sociale d’antan perdurent. Les rites chamaniques sont préservés. Les habitants parlent un dialecte qui leur est propre. Sensible à la mélancolie des gens et des lieux, l’écrivain J.M.G. Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008, qui a séjourné en cette terre la plus méridionale du pays, porte un regard attachant à cette belle province : « Aujourd’hui, Jeju garde ce mélange du doux et de l’âpre, de la tristesse et de la joie. Le vert et le noir. » Mandariniers, palmiers, orangers participent au charme insulaire, au même titre que l’habitat traditionnel, des maisons basses aux toitures de chaume, bien loin des gigantesques infrastructures hôtelières.

En cette « île des sirènes », jour après jour, été comme hiver, les emblématiques plongeuses (Haenyo, littéralement « femmes de la mer ») collectent, le temps d’une longue apnée, coquillages ou mollusques, notamment des ormeaux et des oursins, ainsi que des algues. De génération en génération, qu’elles soient quadragénaires ou septuagénaires, les intrépides descendent dans les fonds marins pour glaner, parfois à plus de vingt mètres de profondeur, quelques trésors des eaux marines. Libres, indépendantes et courageuses, elles incarnent les valeurs de solidarité chères à la femme coréenne.

L’image d’île romantique de Jeju séduit les jeunes mariés en voyage de noces. Destination touristique en vogue, la « Hawaï coréenne » a été désignée par l’Unesco réserve de biosphère (2002), inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco (2007) puis au réseau mondial des Géoparcs (2010). Le tutélaire et majestueux mont Halla, le plus haut sommet de Corée du Sud (il culmine à 1 950 mètres d’altitude), domine l’île en son centre. Ce volcan endormi depuis plus de mille ans - la dernière éruption eut lieu en 1007- est désormais un conservatoire végétal à ciel ouvert recelant une flore exceptionnelle. Son cratère devenu lac est un but d’excursion pour les plus courageux, comme la forêt sacrée de « Saryeoni » qui recouvre en partie les versants du mont Halla.

Candidate pour être inscrite sur la liste des « 7 nouvelles merveilles de la nature », initiée par une grande fondation basée en Suisse, Jeju a été retenue avec vingt-sept autres finalistes. Résultat des votes : le 11 novembre prochain !



Cet article est extrait du numéro 82 de la revue "Culture Coréenne", publication du Centre Culturel Coréen. Pour découvrir ce numéro dans son intégralité, cliquez ici.

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