Les grands dramas coréens de ces vingt dernières années
Par Denis BERTRAND
Critique de séries télévisées et spécialiste des séries coréennes

Suite à la crise financière de 1997, les investisseurs coréens ont dû se diversifier, notamment dans des secteurs émergeant depuis le milieu de cette décennie : le cinéma, la musique déjà appelée K-pop, et les fictions télévisuelles dénommées dramas. Bénéficiant d’une nouvelle politique de développement, les premiers succès sont encourageants, notamment en Chine. Ainsi, fin 1999, on voit apparaître le terme Hallyu qui désigne une vague culturelle coréenne qui « déferle » sur les pays voisins. Elle va progressivement s’étendre à d’autres pans de l’industrie (cosmétiques, produits électroniques, etc.). En 2000, après une vingtaine de dramas coréens déjà diffusés en Chine, c’est l’énorme succès d’« Autumn in my Heart » qui va vraiment entériner les débuts de l’Hallyu.
En Asie, cet engouement s’explique par l’attachement du public aux valeurs traditionnelles (piété filiale, fidélité, loyauté) bien différentes de la culture américaine et aussi par le désir de se libérer du poids d’une envahissante hypersexualisation occidentale. En outre, les stars des dramas restent en contact permanent avec leur public (émissions télévisées, réseaux sociaux, publicités) et contribuent également à façonner les nouveaux modèles de masculinité et de féminité.
Dès lors, les dramas coréens n’ont jamais cessé de prendre de l’ampleur. L’offre télévisuelle s’est multipliée (avec les chaînes du câble), libérant davantage les créateurs, et le streaming en a facilité la diffusion. Le modèle de production a également changé : la pré-production bénéficie aujourd’hui de budgets conséquents, ce qui se retrouve dans les effets spéciaux (cascades ou effets numériques) et dans les tournages en extérieur – notamment à l’étranger. Tout en évoluant au fil des années, les dramas coréens ont cependant gardé leur facilité à centrer le récit sur le ressenti des personnages, à raviver la flamme d’un romantisme terni, à glisser sans difficulté du sourire aux larmes.
« Autumn in my heart » (KBS, 2000)
Premier volet de la tétralogie Endless Love, laquelle décline la pureté du premier amour à travers quatre saisons, ce mélodrame débute avec deux filles échangées à la naissance dans une maternité. Lorsque la vérité éclate, notre héroïne, très proche de son frère, doit repartir vivre dans sa famille biologique. Mais dix ans plus tard, ils se retrouvent enfin et tombent amoureux. Les principales fondations des mélodrames coréens sont là : une histoire d’amour impossible qui a l’apparence de l’inceste, la séparation d’une famille, une maladie mortelle qui va rendre l’histoire dramatique... En soulignant la beauté des paysages automnaux à la campagne et en magnifiant la douleur des personnages, le réalisateur s’emploie à insuffler du lyrisme à ses scènes. Avec ses actrices touchantes (Song Hye-kyo, Moon Geun-young), un drama coréen conquiert ainsi pour la première fois toute l’Asie du Sud-Est, atteignant aussi l’Egypte et le Pérou.

De gauche à droite : Song Seung-heon, Song Hye-kyo et Won Bin dans « Autumn in my heart » (KBS, 2000).

Lors d’une visite au Japon en 2004, Bae Yong-joon, acteur de « Winter Sonata » est accueilli par plus de 3 500 fans à l’aéroport de Narita (Photo : Natsuki Sakai).
« Winter Sonata » (KBS, 2002)
Ce 2e volet d’Endless Love va rencontrer un succès encore plus retentissant. Avec son héros à l’écoute de sa bien-aimée, romantique, prenant soin de son apparence et à l’opposé de la figure machiste dominante, il va imposer l’homme coréen en tant que modèle pour toute l’Asie. Le scénario est poignant : cherchant son père, un adolescent tombe amoureux d’une fille innocente (Choi Ji-woo) avant d’être victime d’un accident qui lui fait perdre la mémoire. Le croyant mort, cette dernière pense alors le retrouver dix ans plus tard lorsqu’elle croise un architecte à la personnalité pourtant très différente. Dans une scène classique, au milieu de décors enneigés, les personnages, les cœurs tremblants, se tiennent la main, exprimant ce sentiment unique d’être amoureux pour la première fois. La chaîne japonaise NHK diffusera deux fois cette série en intégralité la même année. Le merchandising, florissant, dure dix ans. Le tourisme coréen explose, les vols s’intensifient avec le Japon, où l’acteur principal Bae Yong-joon est vénéré comme un prince (Yonsama). Rapportant (si on prend en compte les retombées touristiques et les produits dérivés) presque 3 milliards de dollars, « Winter Sonata » très emblématique de l’Hallyu a, en Asie, un impact supérieur à celui de la coupe du monde de football de 2002.

« Dae Jang Geum » (MBC, 2003-2004).

Lee Young-ae, héroïne du drama « Dae Jang Geum ».
« Dae Jang Geum » (MBC, 2003-2004)
« Dae Jang Geum » est un sageuk (sa signifie histoire et geuk drame, autrement dit drama historique). Il se base sur l’histoire de la première femme médecin du roi de l’ère Joseon qui officiait dans les années 1500. La réalité de son existence, bien qu’inscrite dans les annales, est parfois sujet à débat. Le téléspectateur peut suivre la prophétie qui implique l’héroïne (jouée par Lee Young-ae), son enfance (pendant 5 épisodes) et son ascension dans le palais, principalement sous le règne du roi Jungjong, une période où les luttes d’influence révèlent des personnages ambitieux et cruels. Le refus de la vengeance, l’humilité, l’intégrité et le courage de Jang Geum lui permettent peu à peu d’obtenir la reconnaissance de ses pairs, qui à leur tour vont comprendre et accepter leurs limites. Ses brillantes connaissances culinaires et ses réflexions sur l’alimentation lui servent à devenir médecin. Mais au-delà des luttes de pouvoir qui déchirent même le Roi et la Reine, le drama met en lumière le système patriarcal machiste, dont la transformation d’une cuisinière en concubine royale qui ne peut ni parler ni sourire dans l’intimité est une illustration emblématique. Les servantes sont toutes célibataires et disponibles pour le roi sous peine d’être exclues ou tuées. Les uinyeo, femmes médecins compétentes mais non reconnues, ne peuvent soigner que les femmes, et sont parfois assimilées à des gisaeng (courtisanes). Allant à l’encontre des préceptes fondant Joseon, dans un palais étouffant et dangereux, Jang Geum finit pourtant par obtenir son propre titre honorifique, « dae » (grande) et devient médecin du roi. Riche en information, du hanbok à l’architecture des palais, en passant par la musique, la cuisine et la médecine, le drama fascine malgré une certaine longueur (54 heures) et des flashbacks un peu datés, signes de l’époque de production. En mettant en valeur la Corée,« Dae Jang Geum » a conquis toute l’Asie du Sud-Est (même le président chinois Hu Jintao a reconnu en être fan !), le Moyen-Orient, avant d’intéresser les États-Unis, l’Europe de l’Est, et l’Afrique, s’exportant dans quelque 90 pays.
« Full house » (KBS, 2004)
Les producteurs de dramas peuvent désormais s’appuyer sur l’aura de célébrités pour vendre leur alchimie à l’écran : Song Hye-kyo (« Autumn in my heart ») forme ici un couple haut en couleurs avec le chanteur Bi / Rain. Cette comédie romantique est adaptée d’un manhwa très populaire, et met en scène un ressort scénaristique au succès grandissant, celui de la contractualisation dans le cadre d’une cohabitation. Notre héroïne voulant vivre dans la maison de son père, vendue à une star arrogante, accepte d’y faire le ménage, puis de signer un faux contrat de mariage, à la demande de ce dernier. La réussite du concept repose entièrement sur les innombrables chamailleries d’un duo immature, taquin, revanchard, jaloux, se disputant comme un « vrai » couple. Les insultes fusent entre deux personnages attachants. Elle est gentille, optimiste et combative. Mais elle est désordonnée, naïve et dotée d’un sacré tempérament (cela ira jusqu’à un coup de tête retentissant). Lui est présenté sous un jour plus sombre : obsédé par la propreté, têtu, inapte à exprimer ses sentiments. Dans une scène phare de la série, l’héroïne essaye de convaincre sa belle-famille en chantant et dansant d’une manière enfantine - mais mignonne - la comptine des trois ours. Le drama atteint en Corée du Sud les 40 % d’audience avant d’être diffusé dans toute l’Asie du Sud-Est, au Mexique et en Algérie, dépassant certains records d’audience détenus par « Dae Jang Geum ». Cette porte d’entrée vers les codes du drama coréen a hélas plutôt mal vieilli (garde-robe kitch, scènes répétitives au milieu d’innombrables flashbacks). Une série dérivée fut produite en 2012, sans atteindre le même succès.

À gauche, Song Hye-kyo et Bi / Rain dans « Full house » (KBS, 2004), à droite, « Jumong » (MBC, 2006-2007).
« Jumong » (MBC, 2006-2007)
Créé pour fêter les 45 ans de la chaîne MBC, le drama raconte la fondation de Goguryeo (ancien royaume du nord de la péninsule coréenne) sous l’impulsion de son héros, Jumong. Le public voit ainsi grandir un jeune homme immature, fils d’un chef rebelle élevé comme un prince, qui va peu à peu se reprendre en main et concurrencer le prince héritier avant de devenir sauveur d’un peuple et roi d’une nouvelle nation. Ce récit épique de 81 épisodes, bien que truffé de batailles, de coups politiques, se révèle pourtant très accessible avec ses personnages fidèles à leurs principes, à leur amour du pays, à leurs ambitions. Même lorsque l’histoire devient sanglante, la cruauté et la haine des uns et des autres virent rarement à la caricature, exception faite de la noblesse chinoise Han. Cet équilibre se retrouve dans les différentes composantes du récit. Les batailles et duels sont impressionnants en termes de sacrifice, de courage, et de tactique. Les complots politiques s’expliquent autant par le vécu des personnages que par la situation du pays. La romance, développée à partir du tiers de l’histoire, baigne davantage dans la tragédie, sans jamais s’imposer. Le récit se veut aussi symbolique, teinté de nationalisme. Ainsi, la disparition de l’oiseau à trois pattes (samjok-o) dans le soleil préfigure un grand bouleversement. Goguryeo naît lors d’une éclipse solaire, lors du rassemblement de trois trésors, dont l’arc sacré (l’arc gakgunk fait partie du patrimoine coréen). Il n’est pas surprenant de voir ce drama banni en Chine parce qu’il véhicule l’idée que Goguryeo est le successeur de Gojoseon (le Joseon antique) et un précurseur du futur état coréen (et non un état chinois). A Hong Kong, le drama est partiellement censuré, la version présentée tendant à faire de la nation de Goguryeo une simple tribu. Mais malgré tout cela, « Jumong » dépassa localement les 50 % d’audience, fut diffusé dans toute l’Asie du Sud-Est, atteignit la Roumanie, la Turquie et l’Iran, avec des taux stratosphériques de 80 à 90 % !

« Boys over flowers » (KBS, 2009)
« Boys over flowers » (2009) est une comédie romantique, adaptée du shojo (manga ciblant les adolescentes) et du drama japonais Hana Yori Dango (un jeu de mots qui signifie que les hommes sont préférables aux fleurs). « Boys over flowers » n’est pas l’unique déclinaison de ce très grand succès mais certainement le plus populaire auprès de son jeune public (10 ans plus tard il est toujours l’un des shows les plus visionnés sur les plateformes de streaming). Son concept est basique : une jeune femme issue d’une famille modeste se retrouve dans un lycée pour élites, et côtoie un groupe de jeunes hommes (le F4) dont l’aura est proportionnelle à leur richesse et à leur beauté. Ainsi, le public a rapidement des étoiles dans les yeux : décors paradisiaques à l’étranger, voitures de sport, costumes, personnages multipliant les aptitudes les plus spectaculaires, de la course hippique au hockey sur glace en passant par la maîtrise d’une myriade d’instruments de musique. La série élude rapidement les sujets inquiétants (comme le harcèlement scolaire poussant au suicide), et en profite pour faire la promotion de la culture populaire coréenne. On y retrouve aussi quelques traits typiques des dramas coréens, comme le héros arrogant qui se révèle plus fragile que prévu. Les écueils du scénario sont innombrables (faux coma, vraie amnésie, enlèvement par un psychopathe, mariage forcé), mais ils n’affectent jamais le cœur du récit ; les disputes, les séparations et les retrouvailles produisent beaucoup d’étincelles dans le cadre d’un triangle amoureux. Addictive, la série restera surtout celle qui aura relancé l’Hallyu, développé le concept des Flower Boys (hommes prenant soin de leur apparence) et permis de révéler l’acteur Lee Min-ho, qui connaîtra par la suite bien des succès (« City Hunter », « The Heirs »). Ce drama sera diffusé dans toute l’Asie du sud-est, mais aussi en Amérique du Sud, au Moyen-Orient, en Europe de l’Est, et en Amérique du Nord.
« My love from the star » (SBS, 2013)
Mélangeant romance et fantastique, « My love from the star » raconte l’histoire d’un extra-terrestre d’apparence humaine (Kim Soo-hyun) qui atterrit dans la Corée de l’ère Joseon, où une jeune fille se sacrifie pour lui. 400 ans plus tard, solitaire et érudit, il n’a pas vieilli et utilise ses pouvoirs avec parcimonie (téléportation, ouïe très développée) en attendant de pouvoir retourner sur sa planète. D’abord indifférent, il va progressivement tomber amoureux d’une actrice bruyante (Jun Ji-hyun), et briser des règles qu’il applique consciencieusement depuis plusieurs siècles. Quant à notre héroïne, elle vit sous la pression de la concurrence et derrière son air de bimbo et ses prestations hilarantes de diva, elle montre un courage et une sincérité qui forcent l’admiration. Ce personnage, excentrique mais très attachant, donne beaucoup de légèreté à une série qui multiplie les clins d’œil et les parodies. Doté d’un très bon rythme, avec la présence d’un sociopathe charismatique et de nombreux effets spéciaux, le scénario arrive à surprendre, y compris dans le développement de la romance, la série soulignant ainsi l’importance de vivre le moment présent. De fait, avec deux acteurs au sommet de leur art et de leur popularité, elle devient un phénomène (4 milliards de vues sur une plateforme de streaming chinoise) qui se révèle extrêmement lucratif pour les produits mis en avant (la vente de poulets frits a triplé en Chine, et un modèle de rouge à lèvres est devenu introuvable mondialement). Ce drama a été diffusé dans une trentaine de pays, de l’Asie du Sud-Est à l’Amérique du Sud.
« Descendants of the sun » (KBS, 2016)
Impliquant des héros plus matures, le scénario de « Descendants of the sun » peut se concentrer sur une attirance sincère entre un militaire (Song Joong-ki) et une chirurgienne (Song Hye-kyo). Leurs métiers respectifs les séparent : ce patriote n’hésite pas à éliminer ses opposants et pour se détendre multiplie les plaisanteries ; la chirurgienne, elle, sauve des vies sans arrière-pensée politique, et s’accommode de la banalité du quotidien. Ensemble, ils vont vivre des péripéties spectaculaires, de l’opération urgente au tremblement de terre destructeur en passant par la propagation d’un virus mortel. Pour évoquer un pays fictif en ruine, le drama est filmé en grande partie en Grèce, profitant de décors à couper le souffle (notamment la plage de Navagio). Les scènes prennent alors de l’ampleur, profitant d’un budget doublé par rapport aux productions habituelles. Un coup de poker qui coûte presque 11 millions de dollars, mais qui en rapportera 880 millions. Le drama, pré-produit, marque ainsi un tournant majeur dans l’industrie. Jusque-là, la quasi-totalité des dramas étaient tournés en semi-live (c’est-à-dire filmés pendant leur diffusion, permettant une meilleure réactivité du scénario face aux exigences du public). Pour compenser le risque financier, le placement de produit prend ici des proportions importantes. Le public s’enflamme rapidement avec 3 milliards de vue en Chine, et le drama est diffusé dans plus d’une trentaine de pays en Asie du Sud-Est, mais également en Grèce ou au Pérou. Le couple d’acteurs, au sommet de l’Hallyu, s’est marié en octobre 2017.
« Goblin : the lonely and great god » (TVN, 2016-2017), aussi appelé « Goblin »
En 2016, l’imagerie populaire du Goblin (un personnage facétieux et naïf qui punit les méchants et récompense les bonnes personnes) donne naissance au drama fantastique éponyme. Ici, le Goblin est un ancien guerrier de Joseon condamné à l’immortalité, à la recherche de sa future femme qui devra l’aider à mourir et se libérer de sa malédiction. A l’opposé de lui, se trouve le Grim Reaper, un personnage qui guide les âmes des personnes décédées. Leur antagonisme (l’un veut mourir pour oublier, l’autre est mort et ne se souvient de rien), leurs amours respectifs, forment un mélange à la fois drôle et touchant, appuyé par quelques notes philosophiques sur la mort, le libre-arbitre, et le destin. Ainsi, les dieux cherchent à équilibrer le bien et le mal en jouant avec les vies humaines, ce qui pose un problème lorsque notre héros sauve une petite fille d’une mort programmée. Le drama profite d’une solide réalisation, avec des prises de vue sur le château Frontenac à Québec et une bande sonore envoûtante. Il aura surtout permis à Gong Yoo (« The First Shop of Coffee Prince »), déjà superstar, de devenir l’un des acteurs les plus adulés en Asie. L’accueil du public coréen fut exceptionnel, la série étant à ce jour le 3e drama du câble en termes d’audience. Mais la série dépassa largement les frontières pour déclencher une énième vague dans toute l’Asie du Sud-Est. Bien qu’interdite de diffusion en Chine (pour des raisons géopolitiques étrangères au drama), elle fut la plus consultée sur les moteurs de recherche du pays.
LES DRAMAS EN QUELQUES MOTS
160 dramas diffusés en Corée du Sud en 2018, sur 14 chaînes. La moitié de la production nationale provient du « Big Three » (chaînes terrestres traditionnelles MBC, KBS, SBS, en perte d’audience face au câble).
Principales sociétés de production : Studio Dragon, Chorokbaem media, AStory, Hwa & Dam Pictures, Pan Entertainment, KBS Media, KimJongHak Production, Logos Film, Dramahouse
À l’exportation, les dramas ont rapporté 239 m$* en 2018 (USA 30% - Asie 70%), la demande de Netflix compensant les problèmes d’exportation en Chine. En 2015, les pays qui achetaient le plus étaient : Japon (71 m$), Chine (52m$), Taiwan (22m$), USA (15m$).
Acteurs stars : Song Joong-ki (« Descendants of the sun »), Lee Jong-suk (« Pinocchio »), Lee Min-ho (« Boys over Flowers »), Hyun Bin (« Secret Garden »), Kim Soo-hyun (« My love from the star »), Park Bo-gum (« Love in the moonlight »), Gong Yoo (« Goblin »).
Actrices stars : Park Shin-hye (« The Heirs »), Park Bo-young (« Strong Woman Do Bong-soon »), Song Hye-kyo (« Descendants of the sun »), Ha Ji-won (« Secret Garden »), Jun Ji-hyun (« My love from the star »).
* m$ = millions de dollars
Cet article est extrait du numéro 98 de la revue "Culture Coréenne", publication du Centre Culturel Coréen. Pour découvrir ce numéro dans son intégralité, cliquez ici.


