« Les Coréens » au Théâtre de Dijon

Dans le cadre du Festival Théâtre en Mai, qui fêtait cette année ses 20 ans d’existence, le Théâtre Dijon Bourgogne accueillait, les 14, 15 et 16 mai, la célèbre compagnie coréenne Wuturi. Le festival étant consacré au thème Théâtre et politique, François Chattot, directeur de ce Centre Dramatique National, avait tenu à ce que l’ouverture soit assurée par la vision si impressionnante que cette troupe donne de la pièce « Les Coréens », écrite « à chaud » par Michel Vinaver en 1955, montée pour la première fois en Corée en 2006, dans une mise en scène de Marion Schoevaert et Byun Jung-joo, et découverte en France l’an passé, lors de sa présentation à la Scène nationale d’Evreux-Louviers (fin mars 2008). Le n° 75 de Culture Coréenne (automne-hiver 2007) présentait déjà l’originalité de la démarche des Wuturi, qui mêle la danse des corps et le phrasé des voix pour produire une émotion globale se voulant purement coréenne, et soulignait l’admiration qu’éprouvait Michel Vinaver pour leur travail.

Photo : B. Arbelet
Cette année à Dijon, avec une version resserrée et intensifiée, le spectacle, soutenu par un surtitrage en français au cordeau, a été ovationné à la fin de chaque représentation dans cette belle salle du Parvis Saint-Jean, superbe église à laquelle les comédiens coréens avaient commencé par dédier un petit rituel propitiatoire, afin de placer sous sa protection un spectacle qui fait la part belle aux croyances chamaniques. Mais les hasards de la vie firent que, hélas, un autre rituel fut aussi organisé par la troupe, à la mémoire de Roger Planchon, créateur de la pièce à Lyon en 1956, qui était décédé la veille de la première. Après la représentation du vendredi 15, eut lieu un pot informel en présence de Michel Vinaver, de Monsieur l’ambassadeur de Corée et de Monsieur le directeur du Centre Culturel Coréen, qui fut l’occasion pour l’auteur de dire aux comédiens de la troupe combien il avait été touché par leur interprétation, et l’enthousiasme qu’il éprouvait pour leur incroyable travail : « Je ne peux plus envisager cette pièce jouée autrement que par vous ». Pouvait-on attendre de l’auteur plus beau compliment ?
G.A.
Cet article est extrait du numéro 78 de la revue "Culture Coréenne", publication du Centre Culturel Coréen. Pour découvrir ce numéro dans son intégralité, cliquez ici.


